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Condamnation par contumace – Marc Ravalomanana acculé par la Justice
(11-01-2018) - L’ancien président de la République défend son éligibilité et affirme qu’il considère comme inexistante sa condamnation par contumace.
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© L'Express de Madagascar

Soyons relax. Une expression martelée par Marc Ravalo­ma­nana, ancien président de la République, lors du petit déjeuner de presse qu’il a organisé, hier, à son domicile de Fara­vohitra. Face aux journalistes, l’ex chef d’État a voulu afficher une sérénité et une confiance « à toute épreuve », en vue de l’échéance de la présidentielle. « Ce que je vis aujourd’hui n’est rien par rapport à ce que j’ai affronté en 2001-2002 et en 2009 », a-t-il affirmé.
Sur la question de la remise en cause de sa prétention présidentielle, l’ancien exilé d’Afrique du Sud a, toutefois, défendu avec véhémence son droit à être candidat. Il a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité, le 28 août 2010, pour son rôle dans la tuerie du 7 février 2009, à Ambohitsorohitra. Un jugement soulevé par une frange de l’opinion politique depuis quelques semaines, pour affirmer en cause de son éligibilité à la prochaine course à la magistrature suprême.
« Je considère cette décision judiciaire comme inexistante. Les instances internationales, elles aussi, ne reconnaissent pas cette condamnation qui revêt un caractère politique », a tonné le président national du parti « Tiako i Madagasikara » (TIM). Sur sa lancée, celui qui est également, le conseiller spécial du maire d’Antananarivo, réaffirme l’argument selon lequel « le tribunal correctionnel, ayant prononcé la condamnation, n’est pas compétent pour me juger ».


Notification
Contestant la légalité du pouvoir transitoire, Marc Ravalomanana soutient qu’« étant toujours Président au moment des faits et du procès, seule la Haute cour de Justice (HCJ), est l’instance compétente pour me juger. Je n’ai jamais démissionné de mon poste, j’ai juste transféré le pouvoir à l’armée en vue d’une nouvelle élection ».
Cette considération du jugement de 2010, comme inexistant serait, selon ses dires, la raison pour laquelle, il n’a pas fait opposition du gel de ses comptes bancaires. Le résident de Fara­vohitra affirme, par ailleurs, qu’il n’est pas encore notifié de sa condamnation par défaut. Une source judiciaire explique qu’une condamnation pénale doit faire l’objet d’une « notification à personne », pour lui être opposable et appliquée.
Durant une rencontre avec les journalistes qui s’est tenue quelques instants après le petit déjeuner de presse, Elise Alexandrine Rasolo, ministre de la Justice a répliqué à l’ancien chef d’État. Dans son bureau en face de la résidence du chef de file du TIM, à Faravohitra, la Garde de sceaux a défendu la force exécutoire des décisions de la Justice. Elle a, du reste, ajouté que l’ex président de la République sera incessamment notifié de sa condamnation.
La ministre de la Justice rappelle, néanmoins, que Marc Ravalomanana ayant été jugé par défaut, peut faire opposition à la décision du tribunal correctionnel. Une démarche qu’il peut faire dans un délai de dix jours, après sa notification. Ce qui impliquerait une reprise du procès, mais cette fois-ci de manière contradictoire et en présence de toutes les parties concernées. Le cas échéant, l’ancien chef d’État dispose des voies de recours que sont l’Appel et le pourvoi en Cassation.
Selon une source proche du dossier, « la seule fois que la Justice avait eu l’intention de notifier sa condamnation à perpétuité à l’ancien exilé d’Afrique du Sud, fut le 21 janvier 2012, jour de sa tentative de retour au pays avortée ». Depuis, même après son retour en catimini, en 2014, l’affaire 7 février n’a plus été remise sur le tapis. Une partie de l’opinion publique s’interroge ainsi, du timing choisi pour réactiver le dossier et celui de l’intention de notification de la peine aux travaux forcés, face à l’échéance de l’élection présidentielle annoncée pour la fin de l’année. Le moment de la notification de sa condamnation sera décisif pour les ambitions politiques de Marc Ravalomanana.

Garry Fabrice Ranaivoson



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