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22-08-2018 par Midi Madagasikara

Les échanges économiques de la SAVA souffrent actuellement de la défaillance de la société de manutention du port de Vohémar.


Copyright Image : © Midi Madagasikara

La région SAVA prise en otage par le concessionnaire du port de Vohémar. Le navire « Kiara » arrivé au port de Vohémar le 14 août dernier s’est vu contraint de quitter le port sans même avoir pu débarquer toute sa cargaison de conteneurs.

Manque de moyens. Ceci à cause de la défaillance du manutentionnaire qui souffre visiblement d’un flagrant manque de moyens de travail. En effet ce dernier effectue toutes les opérations de débarquement, de stockage, de brouettage, et embarquements vides et pleins, avec un seul et unique élévateur. Le manutentionnaire en question ne suit tout simplement pas les termes du cahier des charges de l’Agence Portuaire Maritime et Fluviale (APMF) qui exige, pour ce genre d’opérations au moins trois élévateurs à conteneurs. Et le pire est arrivé, puisque l’unique élévateur est tombé en panne depuis le mardi 14 août. Et après un peu plus d’une semaine, le manutentionnaire défaillant n’a pas encore pu le réparer.

Pertes économiques. Non seulement, cette défaillance du manutentionnaire du port de Vohémar perturbe les activités des opérateurs maritimes, mais elle entraîne des pertes économiques pour l’ensemble du pays. Tout simplement parce que ce port de la partie Nord du pays joue un rôle important en matière économique. En effet, le volume de conteneurs à destination du deuxième port de Madagascar de Vohémar a explosé depuis maintenant plus de deux ans. Alors que le manutentionnaire n’a jamais investi en matériels pour pouvoir faire face à cette évolution. Face àl’incapacité du manutentionnaire à traiter rapidement le flux des conteneurs l’armateur CMA – CGM s’est vu contraint d’espacer les escales de ses navires dans le port de Vohémar. Il en résulte alors un énorme « back log » avec plus de 2 000 conteneurs à destination de Vohémar en souffrance dans les ports d’éclatement voisins comme Longoni, Pointe des Galets, et Port-Louis). Les conteneurs mettent presque six mois avant d’arriver à Vohémar. Cela occasionne des coûts supplémentaires pour l’armateur et surtout d’énormes pertes pour les opérateurs qui voient leurs marchandises arriver seulement six mois après le paiement. Pire, de nombreuses marchandises, surtout les denrées alimentaires arrivent à destination, avariées. Comme les opérateurs sont obligés de répercuter les coûts supplémentaires sur leur prix de vente, cela provoque nécessairement une inflation. En somme, ce sont les consommateurs qui paient les frais de cette défaillance.

Conséquences désastreuses. Face à cet énorme « back log » la compagnie maritime CMA – CGM qui est la seule à desservir le port de Vohémar en conteneurs, a décidé il y a deux mois de ne plus prendre de « booking » de conteneurs sur la destination. Du coup, les opérateurs de la région SAVA sont actuellement dans l’impossibilité de réaliser convenablement les échanges de marchandises avec Vohémar. Une situation qui, si elle perdure, obligera tout simplement cette compagnie maritime à abandonner la destination Vohémar. Avec ce que cela suppose évidemment de conséquences désastreuses sur l’économie et la population de la région. Selon le témoignage des opérateurs de la région, ils ont déjà, à plusieurs reprises interpellé l’APMF sur les dangers de cette défaillance. Mais l’agence fait visiblement la sourde oreille. Le fait que le PCA de cette société de manutention n’est autre que Betiana Bruno, un Sénateur HVM, y est certainement pour quelque chose.

R.Edmond.