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28-06-2017 par Midi Madagasikara

Le danseur de « My crew » présentera à l’IFM Analakely cette pièce qui dévoile au grand public les faces cachées de sa vie, de son parcours de danseur et d’homme.


Copyright Image : © Midi Madagasikara

Claudio Rabemananjara se dévoilera à travers « #31# » à l’IFM Analakely ce samedi 1er juillet. Le chorégraphe explique le concept : « # 31# veut dire ‘unknow’ en langage téléphonique. Projet autobiographique qui est le fruit de mes trois derniers solos : ‘Gaigy lahy’ (le fou), ‘Je suis’ , ‘Métamorphose’, tous inspirés de mon parcours et de ma vraie vie. #31# est un mélange de danse et d’humour. Je dévoile au grand public les faces cachées de ma vie, de mon parcours de danseur et d’homme. Un voyage intérieur, fait de folies et de désirs. Je suis un Jack Sparrow, libre, noceur et séducteur, chercheur de trésors qui préfère les pourparlers aux armes pour survivre… Chez un être il y a toujours ce secret qu’on cache en #31#».#31# réserve beaucoup de surprises et d’intrigues. La note d’intention du projet, en tout cas, laisse penseur. « Ici, tout est « normal ». Ici, personne ne sort du cadre. Ici, nous veillons à ne pas déranger. Surtout ne rien faire de peur de mal faire. Attendre. Juste attendre. Faire comme les autres voudrait que l’on fasse. Nous pouvons nous cacher derrière des carapaces jusqu’à l’implosion. Tout être humain est un animal social et un être singulier, sans cesse balloté entre les affects et la raison. Serait normal ce qui est raisonnable, bien ou bon ? Être conforme. Pour certains, la normalité serait une recherche utopique de l’universel, et en tant que telle, un obstacle à la créativité. Mais créer, n’est-ce pas précisément transgresser les normes ? L’anormalité est ce qui sort de l’ordinaire, tout acte de création est donc de fait anormal ? L’acte de création, n’est pas un acte ordinaire. La danse exige de l’audace et du courage. De la créativité et de la vision. De l’anormalité »

De père en fils. « Fils de chorégraphe, j’ai reçu une éducation droite, carrée. J’ai été programmé, forgé par mon père pour faire de la danse. Jeune, je ne me posais pas la question de faire de la danse par envie, c’était normal. Cela devait être comme ça. Tout était planifié, j’avançais sur des lignes droites, je m’intégrais dans le cadre de ce qui semblait être la normalité de mon père. Une vraie pâte à modeler. Le satisfaire et satisfaire le monde dans lequel on vit… C’était sa vérité. Mais où était la mienne ? Arrive le blocage avec cette sensation d’étouffement. La révolte de l’autorité parentale, propre à chaque adolescent me pousse à sortir de l’ordre établi. Je découvre le Hip Hop, non pas la danse, mais le rap. Ici pas de pote danseur – la danse c’est pour les filles – et je trouve un moyen de m’émanciper et de sortir de la danse. Créer une séparation entre les deux mondes, vivre avec la contrainte de danser pour rester normal aux yeux de mes proches et trouver une liberté dans le rap pour ne pas devenir fou. Refouler nos instincts les plus bas… Tel Dr Jekyll et Mr Hyde… deux murs, deux frontières qui encadrent la normalité en deçà et au-delà desquelles la chose considérée ne serait plus ‘ normale’. Y a-t-il donc une frontière qui sépare la normalité de l’anormalité ou existe-t-il une zone tampon, un « no man’s land » entre les deux ? A 18 ans, arrive le déclic lors d’une participation à un festival et suite à une formation, je me lance corps et âme dans ma vérité de la danse. Après un parcours fait de rigueur et d’académisme, j’ai trouvé mon écriture. De recherche en recherche, cette écriture est en perpétuelle construction. Une chose reste constante, ma révolte du cadre et ne jamais s’enfermer dans une étiquette. Ne pas se faire influencer et rester brut. Le travail sur la musicalité aussi. Le rythme du coeur commun à tous ». Pour découvrir ce danseur hors du commun, « #31# » n’est à rater sous aucun prétexte.

Mahetsaka


© Midi Madagasikara