Vous êtes ici

05-07-2017 par No comment

Depuis deux ans, Yaya Lekôm est en tête d’affiche des festivals et concerts de rap à Antsirabe. Le « broda » (frère) commence à se faire sa place dans le subconscient des fans malgaches. Il aura quand même fallu dix ans…


Copyright Image : © nocomment.mg

On te retrouve dans tous les festivals maintenant…
Pas tous, mais les plus importants (rires) ! C’est vrai, il y a eu Rap Conscient en 2015, l’Underground Show en 2016, tous à l’Aliance française d’Antsirabe, mais aussi Planeta Rap Hardcore en décembre 2016 et au mois de mars dernier le collectif Haintso 2 à l’Hôtel des Thermes. Cela étant, je ne rappe pas que depuis 2015, ma carrière a commencé il y a dix ans. La reconnaissance est tardive, elle n’en est pas moins le fruit d’un long travail avec quatre albums derrière moi, dont deux solos, un avec mon groupe ASK et un autre avec le collectif Tandefona Military. Le tout en autoproduction. Je me produis moi-même sous le label Organik Decibel.

Qu’est-ce qui différencie ton rap de celui des autres ?
J’utilise un genre d’instrumentaux de rap appelé classical boom-bap (N.D.L.R. marqué par les années 1990). Comme beatmaker, je crée mes propres instrumentaux. Je prends des samples de grands tubes ou de grandes compositions d’antan, Dalida, Beethoven ou autres, et je les mixe avec de la percussion typique du rap américain des années 1990. Et il faut reconnaître que ça donne une toute autre chose très inattendue. A part cela, mes textes, en plus d’être très engagés, sont en bon et pur malgache. On me dit souvent – affectueusement – que je ne rappe pas mais que je fais de la littérature, tellement je respecte les règles de grammaire et le style d’écriture des grands poètes classiques malgaches. Je pense aussi que mon flow, la manière dont je récite mes rimes sur ces instrumentaux, fait la différence.

Comment se porte le rap à Antsirabe ?
Le rap-gasy a connu son âge d’or dans les années 1990. Les rappeurs étaient des maîtres dans les quartiers et dominaient la ville. Aujourd’hui, les choses ont un peu changé, mais le rap et le hip-hop restent très forts ici. Antsirabe n’est peut-être pas la capitale du rap-gasy, mais c’est l’une des principales villes à être dans le coup à Madagascar. La preuve en est que toutes les semaines tu apprends la naissance d’un nouveau groupe que tu ne connais pas. Cette culture est toujours très florissante à Antsirabe. Et si on prétend que le rap, c’était mieux avant, moi je trouve que les jeunes ont quand même fait monter le niveau, musicalement et textuellement parlant. Sans vouloir vexer les aînés !

Propos recueillis par #SolofoRanaivo


© nocomment.mg