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11-09-2018 par AFP

Cannabis thérapeutique: un comité officiel va évaluer son intérêt


L'Agence du médicament ANSM a créé un comité pour "évaluer la pertinence de développer en France l'utilisation thérapeutique du cannabis", et ses premières conclusions seront connues "d'ici la fin de l'année", a-t-elle annoncé lundi.

Les propositions de ce comité "seront basées sur l'analyse de l'ensemble des données scientifiques disponibles et l'expérience d'autres pays l'ayant déjà mis en place, en prenant en compte le point de vue des patients", a indiqué l'ANSM dans un communiqué.

"Des représentants associatifs, des professionnels en santé et en sciences humaines seront étroitement associés aux travaux de ce Comité, soit en qualité de membres, soit en étant auditionnés", a précisé l'Agence, selon laquelle les membres de cette structure seront nommés "dans les prochaines semaines".

"Une première réunion se tiendra courant octobre et le Comité remettra ses premières conclusions d'ici la fin de l'année", selon l'ANSM.

Nommé pour un an, ce comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) devra évaluer "l'intérêt thérapeutique du cannabis pour le traitement de certaines pathologies" et "les modalités de mise à disposition du cannabis dans le cadre d'une utilisation médicale".

Dans une tribune publiée en juillet, plusieurs élus PS, LREM et EELV ont demandé la légalisation du cannabis à usage thérapeutique, qui pourrait selon eux apaiser les souffrances de 300.000 patients, en rappelant qu'une trentaine de pays ont légalisé partiellement ou totalement le cannabis à usage médical.

Ces élus et médecins font valoir "l'efficacité du produit dans la gestion de la douleur chronique, les troubles physiques provoqués par les chimiothérapies et les spasmes musculaires liés à la sclérose en plaques".

En France, les médicaments à base de cannabis peuvent faire l'objet d'une Autorisation de mise sur le marché (AMM) depuis 2013.

Dans les faits, un seul en a bénéficié: le Sativex, spray destiné à soulager des malades atteints de sclérose en plaques. Il a obtenu cette autorisation en janvier 2014 mais n'est toujours pas commercialisé, en raison d'un désaccord sur son prix de vente.

En revanche, la consommation des joints de cannabis est pénalisée quel qu'en soit l'usage: la loi française ne fait pas de distinction entre leur usage récréatif et thérapeutique.

En juillet, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait affirmé qu'elle n'excluait pas d'autoriser les cigarettes de cannabis à usage thérapeutique si elles apportent "un plus" par rapport aux médicaments déjà autorisés.


AFP