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14-06-2019 par L'Express de Madagascar

L’annonce de disparition d’enfants se multiplie. Certains sont retrouvés sains et saufs, quelques-uns restent, toutefois, introuvables ou sont retrouvés morts.


Copyright Image : L'Express de Madagascar

 


Des familles témoignent. Des habitants d’Ambohijanaka et des agents de police se sont mobilisés dans la nuit du 12 juin pour retrou­ver trois garçons, des cousins âgés de 8 ans et de 6 ans, qui se sont évanouis dans la nature dans la fin d’après-midi du mercredi. Affolés par un soupçon d’enlèvement, leurs parents ont fait appel au soutien du fokonolona. « Plus de cent personnes ont répondu à notre appel. Nous nous sommes répartis en plusieurs groupes. Les uns faisaient la recherche à pied, d’autres sont partis en moto. À 2 heures du matin, nous n’avons pas encore eu aucune trace de nos enfants. Nous avons, toutefois, décidé de rentrer, épuisés », raconte Benjamin Zafimaha­tratra Tolojanahary, père de l’un des enfants perdus. Vers 4 heures du matin, la mère de l’un d’entre eux se réveille et sort de chez elle pour continuer la recherche. « J’ai fondu en larme, lorsque je m’apercevais qu’ils étaient introuvables », lance-t-elle.

Ces cousins sont chanceux. Hier matin, des habitants à Dorodosy, près de la commune d’Alasora, les ont trouvés, seuls, sur une étendue de rizière et les ont emmenés au Poste de police à Imerimanjaka. « Nous sommes partis jouer et n’avons pas retrouvé le chemin du retour. Nous avons dormi, sur des foins, dans une rizière. Nous avons appelé au secours, mais personnes ne nous a entendus. Le
matin, quelqu’un est venu vers nous et nous a emmenés dans sa cour, nous a donné du pain et du thé », raconte Diary, l’un des enfants.

La Police nationale déclare, pour sa part, que dans son enquête, l’un des enfants a répondu qu’il a voulu s’enfuir car ses parents l’ont frappé. Il aurait, par la suite, incité ses cousins à partir avec lui.
Tout se termine bien pour ces familles. Une autre, malheureusement, pleure la mort de son enfant. Porté disparu le 4 juin, c’est un corps inanimé que ses membres de la famille ont retrouvé, quelques jours plus tard. La famille évite de faire une déclaration officielle, en attendant le résultat de l’autopsie. La Gendarmerie à Talatamaty où l’enfant aurait été retenu a, en outre, affirmé une demande de rançon. Les ravisseurs auraient demandé 15 millions d’ariary. Une somme que la famille n’aurait pas pu fournir. En ce mois de juin, un couple avait été arrêté à Andilamena, pour avoir séquestré un enfant de 3 ans qui n’est autre que le demi-frère du ravisseur. Ils ont demandé une rançon.

La crainte d’enlèvement terrorise plusieurs parents, face aux annonces de disparition d’enfants qui se multiplient, actuellement. Des pères, des mères tentent de tirer la sonnette d’alarme, en des gestes simples comme changer leur photo de profil sur Facebook par une photo qui indique : « Arrêter le rapt d’enfant ». D’autres publications indiquent des conduites à tenir face à des suspicions de kidnapping. Interroger sur l’existence de ce phénomène qui fait couler beaucoup d’encre, le service des mœurs et protection des mineurs auprès de la  Police nationale n’a pas encore voulu faire de déclaration officielle. Les parents, de leur part, ont besoin d’être rassurés. Des enfants restent introuvables.