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12-07-2019 par L'Express de Madagascar



Une équipe, un peuple, une nation. Trois expressions qui résument, probablement, la prouesse de l’équipe nationale et l’héritage qu’elle laisse à l’issue de sa première participation à la Coupe d’Afrique des nations. Les hommes du coach Nicolas Dupuis sont éliminés de la CAN, à l’issue des quarts de finale. Le cœur de l’amoureux de sport et du supporter de son équipe nationale fait que, pour la première fois un article est rédigé tout ayant les larmes aux yeux. L’âme du Malgache, de l’enfant de la Grande île exulte pourtant, de fierté et jubile d’une profonde reconnaissance.

Pour leur première participation à une CAN, les Zébus sauvages de Madagascar ont brillé. La performance de cette équipe dépasse, cependant, largement le domaine sportif. Les indomptables zébus de Madagascar ont fait le job sur terrain, mais surtout, en dehors. De l’épopée d’Égypte on retiendra, aussi, que l’équipe est parvenue à unir un peuple, à faire vibrer à l’unisson une nation.

« Quel que soit le résultat, les Barea ont déjà gagné. Madagascar a déjà gagné », « malgré la défaite notre équipe a déjà gagné, notre pays a déjà gagné ». Des phrases qu’on peut lire dans les publications de plusieurs milliers de Malgaches sur les réseaux sociaux. La liesse qui a envahi les villes du pays après le match, malgré la défaite, témoigne de gratitude des Malgaches envers son équipe nationale.

Effectivement, rien que pour avoir réconcilié le Malgache avec lui-même, avec son pays, son histoire, son présent et de lui donner l’espoir d’un meilleur futur, l’équipe nationale a, probablement, remporté la plus grande victoire de cette CAN. Un espoir encore utopique il y a peu, les Barea ont réussi à fédérer la population derrière eux. Dans sa riche diversité, la nation malgache a porté d’une seule voix, d’un seul cœur, d’un même chant son équipe nationale.

À la liesse et au bonheur suscité par l’épopée des Barea, s’est conjugué un sentiment de patriotisme inouï. « Je n’ai jamais été aussi fier des couleurs de mon pays. Je n’ai jamais été aussi fier d’être Malgache », peut-on lire sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, le peuple malgache a su se rassembler derrière un objectif commun. Pour la première fois, la nation malgache a pu communier pour un but unique.

Madagascar qui plie encore sous la pauvreté, connaît désormais le goût de la victoire et ce qu’il faut faire pour y arriver. Avec la solidarité dont-ils ont fait preuve, l’unité dans la diversité qu’ils démontrent, avec l’abnégation pour défendre l’honneur du pays et le mener à la victoire, les Barea ont montré l’exemple. Une nation unie et solidaire peut, effectivement, gagner n’importe quelle bataille et relever n’importe quel challenge.

Alors, la tristesse de la défaite a rapidement laissé à l’expression d’une profonde gratitude envers les joueurs qui le temps d’une compétition continentale se sont hissés au rang de « héros nationaux ». Plus que les résultats sportifs, les Barea ont fait renaître l’espoir, la fierté et la solidarité de toute une nation. En offrant ces moments de bonheur incommensurables à tout un pays, l’équipe nationale aura certainement donné « la renaissance de la nation malgache ».

À chacun d’entre nous de faire en sorte que la flamme allumée durant le parcours historique en Égypte ne s’éteigne plus et soit toujours aussi, étincelant. Pour l’heure, c’est tout un pays, une nation qui dit «Misaotra Barea ».
Garry Fabrice Ranaivoson