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Clipse Teean : Comme à la maison
(09-03-2017) - Si l’art du graffiti est surtout pratiqué par des hommes, Clipse Teean est de celles qui n’hésitent pas à escalader trois mètres de mur pour réaliser une fresque. Aujourd’hui, elle use de ses talents d’activistes pour prouver que cet art jugé comme rlevant du vandalisme mérite d’être vu autrement.
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Des graffitis sur d’autres supports que les murs, c’est tout à fait possible dans l’univers psychédélique de Clipse Teean. Mobiliers, tapis, lit, coussins, couettes, chaussures, pochettes, tableaux, etc., la jeune graffeuse n’a pas manqué de déployer ses bombes de peinture pour rehausser l’intérieur de sa Trano bongo (maison misérable). C’est le thème de l’exposition qu’elle a présenté du 19 janvier au 9 février dernier à l’Is’art galerie. « La Trano bongo appartient généralement à une famille pauvre. On ne s’attend pas à y trouver quelque chose de beau pourtant à travers mon exposition, j’ai valorisé chaque élément d’une maison à coup de spray, de pochoir, de collage, d’aérographe et de sculpture. » Sa démarche artistique renouvelle l’image stéréotypée du graffiti en tant qu’art de vandalisme. « Pour démonter ce préjugé, j’ai décidé de ramener le graffiti entre quatre murs ».

Clipse Teean est une des rares femmes malgachesdans le milieu du street art. « Mon art est une arme d’éducation. A Madagascar, on a grandement besoin d’une bonne dose de civisme, pire encore d’un reformatage. » Clipse Teean décrit le graffiti plus comme un engagement qu’une passion. Parmi ses toiles exposées dans Trano bongo, on a remarqué Selflouche montrant une femme qui louche en train de prendre un selfie. « Avec les nouvelles technologies, les gens sont de plus en plus obnubilés par leur petite personne qu’ils oublient de voir ce qui se passe en réalité. C’est ce qu’on appelle être à côté de la plaque. » A l’autre bout de la salle, la toile Code barbe montre un musulman barbu associé à l’image d’un terroriste. Selon elle, « il n’y a rien de positif dans les préjugés, je parle en connaissance de cause. Même si mon père m’a souvent grondée pour cette passion qu’il a jugée inutile, j’ai toujours persévéré. »

Une persévérance qui a porté ses fruits. Aux allures de garçon manqué mais doté d’une sensibilité féminine, Clipse Teean, de son vrai nom Mbolatiana Lalaniaina Raoelison, a fait ses premiers grafs en l’an 2000. « Je me souviens de l’époque où je m’éclipsais tout le temps pour préparer des nouveaux dessins. Voilà pourquoi on m’appelle jusqu’à aujourd’hui Clipse. » Elle s’est fait un nom dans le paysage avec sa signature bien à elle : la mystification de ses personnages et la diversification des ses lettrages. Elle a fait des grands pas aux côtés des collectifs Jamerla koonaction et Kolotsaina Mainty, ainsi que des plateformes internationales Rusted Mic Renegade et International Business Music of Chambers. Aujourd’hui, elle fait du graffiti son métier en travaillant pour des associations, ONG, hôtels et entreprises. Clipse Teean espère un jour peindre une grande fresque murale sur l’histoire de Madagascar sur l’axe Centre ville-Ivato afin de montrer aux touristes qu’Antananarivo peut être une ville moderne d’art et d’histoire.

#PriscaRananjarison


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