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Première audition mouvementée de l'équipe Trump: la Justice
10-01-2017 / 20:18
L'homme choisi par Donald Trump pour diriger le ministère américain de la Justice, Jeff Sessions, a d'emblée dû rejeter des accusations de racisme lors de son audition de confirmation mardi.
Le sénateur de l'Alabama Jeff Sessions lors de son audition par le Sénat américain, le 10 janvier 2017 à Washington.
Le sénateur de l'Alabama Jeff Sessions lors de son audition par le Sénat américain, le 10 janvier 2017 à Washington.
© AFP

M. Sessions - qui ouvre la longue procession d'audition du gouvernement Trump au Sénat - n'a par ailleurs ni promis ni écarté d'éventuelles poursuites à l'encontre d'Hillary Clinton, alors que la démocrate battue à la présidentielle a été plombée par l'affaire de ses emails et les soupçons visant sa fondation.

"Je pense qu'il serait convenable que je me récuse de tout dossier d'enquête impliquant la secrétaire Clinton", a déclaré le sénateur de l'Alabama, cheveux blancs soigneusement coiffés sur le côté.

"Ce pays ne punit pas les rivaux politiques, ce pays fait en sorte que personne ne soit au-dessus des lois", a-t-il ajouté.

La séance sur la colline du Capitole a commencé de façon mouvementée, divers militants ayant protesté depuis les rangs du public dans la salle.

Un manifestant du groupe Code Pink brandit une pancarte protestant contre la nomination de M. Sessions, le 10 janvier 2017, lors de son audition à Washington.
Un manifestant du groupe Code Pink brandit une pancarte protestant contre la nomination de M. Sessions, le 10 janvier 2017, lors de son audition à Washington.
© AFP

Des manifestants du groupe Code Pink, et notamment deux hommes déguisés en membres de l'organisation raciste Ku Klux Klan, portant une robe et une cagoule blanches, ont été expulsés.

Jeff Sessions a été accusé de sympathies anciennes pour le Ku Klux Klan et d'avoir, alors qu'il était procureur fédéral en Alabama, agi à l'encontre des intérêts de Noirs et d'avoir critiqué le travail d'associations de défense des droits civiques.

Il s'agit d'"accusations infondées", a répliqué l'homme de 70 ans, l'âge de Donald Trump. "J'ai en horreur le (Ku Klux) Klan, ce qu'il représente et son idéologie".

- Le KKK "en horreur" -

En tant qu'Attorney general, ce conservateur pur et dur sera un homme clé de l'exécutif américain.

En plus des tribunaux, le ministère de la Justice supervise la police fédérale (FBI), le Bureau de l'alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs - une puissante agence fédérale connue sous son acronyme ATF -, l'administration pénitentiaire, le United States Marshals Service (USMS), une agence fédérale spécialisée dans la recherche des fugitifs.

Personnellement opposé au mariage homosexuel et à l'avortement, Jeff Sessions a néanmoins promis mardi qu'il respecterait les décisions de la Cour suprême sur ces sujets.

M. Sessions accompagné de son épouse et de sa petite-fille, avant son audition, le 10 janvier 2017 à Washington.
M. Sessions accompagné de son épouse et de sa petite-fille, avant son audition, le 10 janvier 2017 à Washington.
© AFP

L'audition du futur ministre de la Justice, qui ne le deviendra qu'en emportant un vote majoritaire des élus du Sénat, sera bouclée mercredi. D'ici-là, il doit passer sur le gril et notamment faire savoir ses idées sur plusieurs sujets sensibles.

M. Sessions est notamment attendu au tournant sur ses intentions concernant la lutte contre l'immigration clandestine et les diverses enquêtes en cours concernant des abus policiers présumés dans différentes métropoles américaines.

Les démocrates redoutent particulièrement qu'il mette en application la promesse très critiquée de Donald Trump de nommer un procureur spécial pour poursuivre en justice Hillary Clinton, même si le milliardaire élu président est revenu sur cet engagement.

"Le ministre américain de la Justice n'a pas une double casquette, celle d'avocat du président et d'avocat de la population", a averti la sénatrice démocrate Dianne Feinstein.

- "Dire non au président" -

Le ministre de la Justice, a répondu Jeff Sessions, "doit être capable de dire non au président s'il va trop loin. Il ne peut approuver les yeux fermés chaque idée du président".

En 1986, Jeff Sessions avait essuyé un rejet très rare devant le Sénat, qui l'avait entendu pour sa candidature à un poste de juge fédéral.

On lui avait alors reproché des propos tenus dans les années précédentes alors qu'il était procureur fédéral dans le très conservateur Alabama, ancien coeur de la ségrégation raciale.

Lors de cette audition, il a d'emblée tenté de dissiper tout malentendu sur ses positions actuelles.

"Je comprends profondément l'histoire des droits civiques et l'impact terrible que la discrimination incessante et systématique, ainsi que les restrictions sur le droit de vote, ont eu sur nos frères et soeurs afro-américains", a-t-il déclaré.

Sa très médiatisée audition de confirmation était diffusée en direct mardi par les chaînes d'information.

Pour le reste, le futur ministre a adopté un ton martial contre la délinquance, notamment les criminels faisant usage d'une arme à feu.

Et il a répété qu'il n'était pas favorable à la fermeture de la prison de Guantanamo, qu'il a qualifiée d'"endroit sûr pour garder des prisonniers".

© AFP