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TPIY: procès en appel de l'ex-dirigeant des Croates de Bosnie
20-03-2017 / 10:15
L'ex-dirigeant des Croates de Bosnie Jadranko Prlic, condamné en 2013 pour avoir tué et déporté des populations musulmanes pendant la guerre de Bosnie, doit comparaître à nouveau lundi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) dans le cadre de son procès en appel.
L'ex-dirigeant des Croates de Bosnie Jadranko Prlic, lors de son procès devant le TPIY, le 29 mai 2013 à La Haye
L'ex-dirigeant des Croates de Bosnie Jadranko Prlic, lors de son procès devant le TPIY, le 29 mai 2013 à La Haye
© AFP

Avec cinq autres anciens hauts responsables militaires et politiques des Croates de Bosnie, il avait été jugé pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, commis à l'encontre des musulmans lors de cette guerre (1992-1995) qui a fait plus de 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.

Jadranko Prlic, âgé aujourd'hui de 57 ans, avait été condamné à 25 ans de prison pour avoir forcé le transfèrement de populations musulmanes en Bosnie et avoir eu recours à des meurtres, des viols, des destructions de biens civils dans le but de créer une "grande Croatie".

L'ancien président du gouvernement des Croates de Bosnie était poursuivi pour avoir créé et participé, entre 1991 et 1994, à une entreprise criminelle commune "en vue de soumettre politiquement et militairement les musulmans de Bosnie et autres non-Croates" en Herceg-Bosna, entité croate unilatéralement proclamée dans le sud-ouest de la Bosnie-Herzégovine.

L'ex-dirigeant des Croates de Bosnie Jadranko Prlic (g) et ses co-accusés Bruno Stojic (c) et Slobodan Praljak (d), lors de leur procès devant le TPIY, le 29 mai 2013à La Haye
L'ex-dirigeant des Croates de Bosnie Jadranko Prlic (g) et ses co-accusés Bruno Stojic (c) et Slobodan Praljak (d), lors de leur procès devant le TPIY, le 29 mai 2013à La Haye
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"Le procès Prlic et consorts était l'un des plus compliqués et longs du tribunal", a indiqué le TPIY dans un communiqué, mentionnant 326 témoins, 465 jours d'audience et 2.600 pages du premier jugement.

- 'Nettoyage ethnique' -

Les nationalistes croates convoitaient cette région, et notamment la ville de Mostar, un des symboles du caractère multiethnique de la Bosnie avant la guerre. Les soldats croates y ont systématiquement chassé les musulmans de Mostar-ouest et bloqué le passage de l'aide humanitaire.

"Dès décembre 1991, les dirigeants de la Communauté croate d?Herceg-Bosna et des dirigeants de la Croatie estimaient que pour réaliser l?objectif ultime, à savoir la mise en place d?une entité croate (...), il était nécessaire de modifier la composition ethnique des territoires revendiqués", avait souligné le juge Jean-Claude Antonetti lors du premier jugement, parlant d'un "nettoyage ethnique".

L'éphémère république autoproclamée d'Herceg-Bosna a été dissoute peu avant les accords de paix de 1995 et son territoire a été intégré à la Fédération croato-musulmane, entité qui forme avec la Republika Srpska (entité serbe) la Bosnie d'après-guerre.

D'abord président de la Communauté croate de Herceg-Bosna, puis Premier ministre de la République croate de Herceg-Bosna, Jadranko Prlic est en procès devant le TPIY depuis 2006.

Les co-accusés de M. Prlic, dont Bruno Stojic, ancien ministre de la Défense, Slobodan Praljak, ancien officier supérieur dans l'armée croate, et Milivoj Petkovic, ancien responsable des forces armées d'Herceg-Bosna, avaient été condamnés à des peines allant de dix à vingt ans de prison.

Les suspects, qui s'étaient livrés au tribunal, avaient tous plaidé non coupable.

La presse croate et bosnienne ne fait que peu écho à ce procès en appel.

D'autres Croates ont également été jugés par le TPIY, dont le général Ante Gotovina condamné en première instance à 24 ans de prison avant que ce verdict ne soit annulé, un coup de théâtre intervenu lors du procès en appel.

Acquitté en 2012 de crimes de guerre contre les Serbes, il a été nommé en novembre conseiller du ministre croate de la Défense.

La guerre de Bosnie a essentiellement opposé les musulmans aux Serbes, mais Croates et musulmans se sont également combattus.

Le TPIY devrait rendre l'arrêt dans l'affaire Prlic en novembre 2017, a-t-il indiqué. Il s'agira de l'un des derniers jugements du TPIY alors que l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic devrait connaître le sien à la même période.

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