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Les personnes âgées, cible principale de l'épidémie de grippe
(11-01-2017) - Les personnes âgées restent les plus touchées par l'épidémie de grippe, dont le pic est attendu la semaine prochaine.
Aux urgences, les plus de 65 ans sont hospitalisés dans un cas de grippe sur deux et, pour les plus de 75 ans, l'hospitalisation est requise dans 80% des cas, selon la ministre de la Santé.
Aux urgences, les plus de 65 ans sont hospitalisés dans un cas de grippe sur deux et, pour les plus de 75 ans, l'hospitalisation est requise dans 80% des cas, selon la ministre de la Santé.
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Aux urgences, les plus de 65 ans sont hospitalisés dans un cas sur deux et, pour les plus de 75 ans, l'hospitalisation est requise dans 80% des cas, selon la ministre de la Santé.

Marisol Touraine a exhorté les hôpitaux et cliniques à assurer que tous les patients ayant besoin d'être hospitalisés puissent l'être, en reportant au besoin, les interventions non urgentes.

La durée moyenne d'une hospitalisation pour grippe est de 10 à 15 jours.

- Le virus est-il plus redoutable? -

Le bilan de l'épidémie risque d'être "lourd", selon la ministre de la Santé.

Cette saison s'annonce délicate avec le retour d'un virus de type A(H3N2), cousin de celui qui avait contribué il y a deux ans à une surmortalité de 18.000 personnes, selon Daniel Levy-Bruhl, responsable de l'unité infections respiratoires et vaccination à Santé Publique France.

Cependant, "le vaccin de cet hiver est en adéquation avec le H3N2 circulant, contrairement à celui de l'hiver 2014-2015 qui n'était que partiellement adapté à la souche H3N2 prédominante", ce qui laisse espérer un retentissement moindre.

Le H3N2 "est un virus particulièrement dangereux pour les sujets fragiles. Dès qu'il a été identifié, nous avons su que l'impact serait fort" sur les personnes âgées, selon l'épidémiologiste.

L'hiver dernier un virus B avait prédominé sans entraîner de surmortalité.

Le H3N2 n'attaque généralement pas directement les poumons comme le ferait le H1N1, mais va plutôt générer des complications chez les personnes affaiblies. Cela peut passer par une surinfection bactérienne, ou précipiter l'évolution de pathologies (insuffisances cardiaques, respiratoires ou même diabètes).

Une hausse de la mortalité toutes causes confondues, en partie liée à la grippe, a été observée à tous âges mais plus spécifiquement chez les plus de 65 ans sur les deux dernières semaines de 2016, a relevé mercredi l'agence sanitaire Santé Publique France.

Pour l'avant dernière semaine de 2016, cela correspond à 1.000 décès en excès par rapport au nombre attendu en l'absence d'épidémie de grippe, soit environ 10% de décès en plus, toutes causes confondues, note le Dr Levy-Bruhl.

- Les soignants, maillon faible de la vaccination? -

La vaccination reste la première recommandation pour les personnes vulnérables, soutiennent les experts et le ministère.
La vaccination reste la première recommandation pour les personnes vulnérables, soutiennent les experts et le ministère.
© AFP

La vaccination reste la première recommandation pour les personnes vulnérables, soutiennent les experts et le ministère.

Mais il faut "réfléchir" à rendre obligatoire le vaccin contre la grippe pour les soignants (médecins, infirmiers, etc.) a estimé mercredi le Pr Benoît Vallet, directeur général de la Santé au ministère.

Les mesures incitatives n'ont pas été "suffisantes", "il faut passer à un cran supérieur", a-t-il ajouté. Seulement 25% à 30% des soignants sont vaccinés contre la grippe chaque année.

La vaccination de l'entourage des personnes vulnérables (personnes âgées, femmes enceintes, nourrissons surtout atteints de pathologies respiratoires, malades chroniques ou sous traitements immunosuppresseurs tels des greffés ou des cancéreux...) est généralement recommandée pour contribuer à former une protection collective contre la propagation virale. Cette immunité est d'autant plus utile que l'efficacité du vaccin n'est pas optimale notamment chez les personnes âgées.

L'efficacité du vaccin chez les plus de 65 ans est de "35%" selon une évaluation sur dix ans. "Une efficacité qui permet d'éviter environ 2.000 décès en moyenne chaque année, justifiant largement la recommandation vaccinale", ajoute l'épidémiologiste.

Depuis le 1er novembre 2016, 52 grippés sont morts en réanimation, 85% avaient 65 ans ou plus, selon Santé Publique France.

- Quelles précautions? -

231 foyers d'infections respiratoires ont été observés dans les collectivités de personnes âgées (Ephad...) la première semaine de janvier contre 169 la semaine précédente, selon Santé Publique France, les 80 ans ou plus vus aux urgences représentant 70% des hospitalisations.

Des mesures telles que renforcer l'hygiène, généraliser les "mesures barrière" (masques...), réduire les contacts avec les personnes malades, limiter les déplacements dans l'établissement, sont recommandées. Et pour chacun: l'hygiène des mains (les laver à l'eau et au savon en sortant des toilettes, en rentrant chez soi..), port du masque pour éviter de contaminer les autres, se couvrir la bouche quand on tousse.



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