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Avec Bioverativ, Sanofi devient un leader mondial dans l'hémophilie
(22-01-2018) - Le géant pharmaceutique français Sanofi va considérablement se renforcer dans les maladies rares avec le rachat annoncé lundi de l'américain Bioverativ, spécialisé dans les traitements contre l'hémophilie, pour environ 11,6 milliards de dollars, sa plus importante acquisition depuis 2011
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© AFP

Selon un accord définitif, Sanofi va acquérir la totalité des actions en circulation de Bioverativ à raison de 105 dollars par action, ce qui représente une prime de 64% par rapport au cours de clôture de vendredi, a souligné Sanofi dans un communiqué.

L'offre publique d'achat devrait débuter en février.

Il s'agit de la plus grosse acquisition de Sanofi depuis celle de Genzyme, autre biotech américaine spécialisée dans les maladies rares, rachetée pour plus de 20 milliards de dollars en avril 2011.

En 2016, Sanofi a aussi procédé à un échange d'actifs géant avec Boehringer Ingelheim, auquel il a cédé sa division de santé animale Merial contre l'activité de médecine grand public du laboratoire allemand.

Mais au-delà de cet échange, Sanofi cherchait aussi à effectuer une méga-acquisition dans l'un de ses autres domaines de prédilection, alors que son ancienne locomotive, l'activité diabète, est en déclin, et que le groupe a pris du retard dans l'immuno-oncologie.

Le groupe français n'était cependant pas parvenu à racheter la biotech américaine Medivation en 2016, spécialisée dans l'immuno-oncologie, finalement tombée dans l'escarcelle de Pfizer pour près de 14 milliards de dollars, puis la biotech suisse Actelion (maladies rares), raflée pour 30 milliards de dollars par Johnson and Johnson.

Mais avec Bioverativ, Sanofi pourrait considérablement redorer son blason. "Il y a une véritable logique à cette acquisition", a commenté le directeur général Olivier Brandicourt dans une audioconférence lundi matin: "Il suffit de regarder les chiffres".

- Un marché de 10 milliards de dollars -

L'hémophilie, un trouble grave de la coagulation sanguine, est la plus fréquente des maladies rares. Cette affection hémorragique représente un marché mondial d'environ 10 milliards de dollars par an, et qui devrait enregistrer une croissance de plus de 7% par an jusqu'en 2022, selon des études prospectives citées par Sanofi dans son communiqué.

Bioverativ est un leader mondial du segment, avec deux traitements innovants déjà commercialisés, des protéines de fusion recombinante pour permettre la coagulation: Eloctate pour l'hémophilie de type A et Alprolix pour celle de type B.

En 2016, Bioverativ a généré 847 millions de dollars de ventes et 41 millions de dollars de redevances. Son chiffre d'affaires 2017 est estimé à 1,17 milliard de dollars, a précisé M. Brandicourt.

Son rachat devrait entraîner une augmentation du bénéfice net par action de Sanofi dès l'exercice 2018 et de "jusqu'à 5% pour l'exercice 2019", prévoit le groupe français qui a de son côté publié en 2016 un chiffre d'affaires de 33,8 milliards d'euros.

Sanofi prévoit de financer cette opération pour moitié en puisant dans sa trésorerie et le reste par l'emprunt, mais table sur un retour sur capitaux investis supérieur au coût du capital dans un délai de trois ans.

Le coût de cette transaction déplaisait toutefois aux investisseurs dans l'immédiat: vers 9H35 à la Bourse de Paris, l'action Sanofi reculait de 3,37% à 70,49 euros, tandis que le CAC 40 tendait vers l'équilibre.

Une opération "logique, mais onéreuse", jugeaient ainsi les analystes de Jefferies dans une note, estimant par ailleurs que le potentiel de croissance de Bioverativ était "limité" à moyen terme, sur fond d'une concurrence élevée sur le segment.

Cette acquisition ajoute au portefeuille de Sanofi une "offre différenciée de thérapies innovantes, ainsi que l'accès à une plateforme de croissance dans les maladies hématologies rares, ce qui lui permettra de renforcer sa présence en médecine de spécialités" et dans les maladies rares, selon le communiqué du groupe.

Car Bioverativ dispose d'autres traitements en développement dans l'hémophilie et d'autres troubles hématologiques, avec notamment un médicament en phase III (dernière étape clinique avant éventuelle commercialisation).

Et Sanofi pour sa part a acquis début janvier les droits mondiaux de fitusiran, un traitement novateur contre l'hémophilie et en phase avancée de développement, auprès d'une autre biotech américaine partenaire, Alnylam.

Le géant pharmaceutique français ne renonce pas pour autant à d'autres grandes acquisitions pour rattraper son retard dans l'immuno-oncologie. Lundi, ses dirigeants ont souligné que le groupe avait encore la capacité financière de mener des acquisitions de même ampleur, notamment dans ce domaine toujours prioritaire pour le groupe.

© AFP
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