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07-12-2017 par Christelle

Antiquaire aguerri vivant actuellement à Toamasina, Michel Deshayes s’est trouvé une vocation en multipliant les chasses au trésor. Œuvres d’art, objets précieux et décoratifs, meubles anciens sont exposés dans sa boutique qui est un vrai musée, Antiquités de Tamatave. On peut y revivre d’une manière ludique l’histoire, la nôtre !

© No comment

Dans un quartier indien plein de charme de Toamasina, une maison créole rose qui date de plus de cent ans abrite Antiquités de Tamatave. Son fondateur, Michel Deshayes, voue un culte aux objets et meubles anciens de Toamasina, bien sûr, mais aussi ceux d’ailleurs. « J’aime les villes portuaires très animées. De plus, j’ai été le premier à y ouvrir ce genre de commerce, cela m’a encore plus motivé. » Le statut d’antiquaire, il l’affectionne depuis toujours. « J’ai exercé ce métier longtemps en France, et depuis 2011 ici à Madagascar. Et j’avoue que vivre de ce qu’on aime faire, c’est pas mal du tout. »

En franchissant la porte des Antiquités de Tamatave, on a l’impression d’être dans une sorte d’antiquithèque qui regorge d’innombrables objets anciens. « J’aime mettre en lumière des objets oubliés, les faire revivre et les proposer aux amateurs, collectionneurs ou simples curieux. » Pour Michel Deshayes, c’est un véritable plaisir de faire découvrir ces objets aux enfants et de raconter l’histoire, autrement, et d’une manière agréable. « On peut y trouver aussi bien un sifflet de policier londonien des années trente qu’une canne des compagnons du devoir, une trompette américaine ou encore un plat à barbe du XVIIIe siècle (qui servait aux barbiers quand ils savonnaient le menton de leurs clients). »

Même si le sang malgache ne coule pas dans ses veines, il porte une attention particulière à l’histoire de Madagascar en collectionnant des reliques locales. « La plupart des objets qu’on rencontre ici sont liés aux différentes cultures de la Grande Île. » Dans cette optique, les Antiquités de Tamatave aiment nous faire voyager aux quatre coins du pays avec des aloalo antandroy et mahafaly (totems funéraires sculptés), des statues sakalava, des coffres zafimaniry, des portes indiennes de Mahajanga ou encore des meubles chinois de la côte Est.

Madagascar est constitué d’origines nombreuses et diverses, notamment indonésiennes, malaisiennes, africaines, indiennes, chinoises, arabes et européennes. « Chacune d’elle a apporté ses particularités. C’est ce qu’on veut partager en exposant par exemple des objets de cultes en relation avec les croyances spirituelles. » L’époque coloniale y est aussi représentée : « On peut y voir des objets des années cinquante dont les colons avaient besoin pour vivre et travailler à Madagascar, comme du mobilier de bureau, des fauteuils club, etc. »

Pour Michel Deshayes, chaque pièce est un véritable trésor. Les prix se veulent abordables. « J’ai des tas de petits objets à 5 000 Ar, d’autres un peu plus cher suivant leur état et leur rareté. Quant aux grands objets, on peut trouver une table en palissandre pour 400 000 Ar et des fauteuils au même prix, soit trois fois moins cher qu’en France. » Ali en serait baba.

#PriscaRananjarison 

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Christelle