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03-03-2021 par Midi Madagasikara

Onze tombeaux des rois Mahafaly de Linta ont été cambriolés depuis le début de l’année


Copyright Image : © Midi Madagasikara

 

Un chiffre alarmant pour les natifs. D’après le prince, Guy Ramanantsoa représentant du Roi Efionjonana, « comme il s’agit de monuments historiques nationaux qui témoignent de l’histoire du peuple malgache, les descendants n’en sont que des gardiens.  Nous tenons donc à en informer les responsables gouvernementaux et la population ».

 

Selon Augustin Rakotoarison, historien, « Pour les Malgaches, le fasan-drazana est inséparable du tanindrazana. Le fasan-drazana est un des éléments constitutifs du tanindrazana. Ici le tanindrazana englobe les biens matériels et immatériels légués par les ancêtres à leurs descendants. L’adage « velona iray trano, maty iray fasana » exprime les vœux les plus chers et le plus intime de tout un chacun d’être enterré ou inhumé dans le tombeau familial qui se trouve au « tanindrazana ». Le fasan-drazana tient une fonction de  rassembleur car tous les membres de la famille éparpillés à travers le territoire national  devraient un jour y être enterrés. Ainsi,  le châtiment le plus sévère et le plus cruel pour nous, c’est ce qu’on appelle «  very faty », c’est-à-dire que la dépouille est portée disparue. »

 

Par ailleurs, d’autres royaumes coutumiers Mahafaly avaient enregistré les mêmes profanations, par des pilleurs de tombes, volant les morceaux d’argent enterrés avec les monarques à leur disparition, comme l’exige la tradition.  Le prince Guy Ramanantsoa de tirer la sonnette d’alarme  « si aucune mesure n’est prise pour arrêter les malfaiteurs, les ossements risqueront sûrement d’être volés à leur tour. Ce qui constituerait une perte inestimable pour la nation et l’histoire. » Pour rappel, les Mahafaly forment une ethnie du sud-ouest de Madagascar. Ils vivent sur un vaste plateau calcaire du même nom, entre le fleuve Menaranda et Onilahy.

 

Zo Toniaina