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04-03-2021 par Midi Madagasikara

Le problème de sécurité routière pourrait constituer un des obstacles au développement d’un pays.


Copyright Image : © Midi Madagasikara

 

Les pertes en vie humaine liées aux accidents de la route sont encore pires que les décès causés par la covid-19. En effet, on enregistre plus de 1.300.000 personnes qui meurent chaque année dans le monde suite au problème de sécurité routière, soit deux décès par minute. À Madagascar, 28 personnes sur 100.000 habitants ont été tuées par les accidents routiers selon les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé. De plus, les pertes économiques liées à ce problème de sécurité routière sont également estimées à 7,42% du PIB (Produit Intérieur Brut). Hajatiana Rabeandriamaro, directeur de la Sécurité et de la Sûreté des secteurs Transports et Tourisme, l’a évoqué lors de l’atelier de validation de la stratégie nationale de la Sécurité Routière (SNSR) hier au ministère de l’Economie et du Plan à Anosy. L’atelier est organisé par le ministère des Transports, du Tourisme et de la Météorologie en faveur de tous les acteurs concernés par le secteur de la sécurité routière.

 

Pas de données fiables. 

Et lui d’ajouter que ce ne sont que des estimations mais ces pertes économiques pourraient être encore plus importantes compte tenu de la recrudescence des accidents de la route dans tout Madagascar. En outre, « l’on ne dispose pas de données fiables concernant l’état des lieux de la sécurité routière dans le pays. Les acteurs concernés dont entre autres, la gendarmerie, la police et les assurances, ne partagent pas les mêmes informations liées à ce secteur. Ce qui nous empêche d’avoir des indicateurs fiables, pour ne citer que le coût de ces pertes économiques liées aux collisions des véhicules et autres accidents de la route », selon toujours ses dires. L’objectif fixé par le ministère de tutelle en dix ans, dans le cadre de la mise en œuvre de cette nouvelle stratégie nationale de la sécurité routière, consiste à réduire de l’ordre de 50% ces pertes économiques ainsi que de moitié le nombre de personnes tuées.

 

Normaliser les infrastructures. 

Pour ce faire, des orientations stratégiques ont été élaborées. On peut citer, entre autres, l’amélioration des conditions favorables à la sécurité routière en commençant par l’amélioration de la volonté politique des dirigeants sur son importance. En effet, « le problème de sécurité routière pourrait constituer un des obstacles au développement d’un pays. Ce qui nécessite le renforcement de la gouvernance de ce secteur », a fait savoir Hajatiana Rabeandriamaro. Pour une meilleure sécurité routière, il faut également développer et normaliser les infrastructures routières et de transports tout en les adaptant aux risques liés à l’environnement comme les effets du changement climatique, l’urbanisation et l’embuscade. Une standardisation et uniformisation des normes de véhicules circulant à Madagascar, s’imposent également, en plus du renforcement de leur système de contrôle.

 

Non respect du code. 

Par ailleurs, la prise en charge médicale des victimes des accidents devra être améliorée en développant le système de secourisme et en promouvant les assurances et la prise en charge post-accident, entre autres. Mais avant tout cela, « il faut reconnaître que le non-respect du code de la route constitue le principal facteur contribuant aux accidents de la circulation. C’est pourquoi, nous allons promouvoir un comportement responsable des usagers de la route. Le programme de formation prodigué par les auto-écoles sera ainsi uniformisé et digitalisé. Nous préconisons même l’intégration de la sécurité routière dans le programme d’enseignement dans les écoles. Et pour mieux harmoniser les informations tout en créant une base de données fiable, une agence nationale de la sécurité routière devra être mise en place », a-t-il enchaîné. Toujours dans le cadre de la validation de cette stratégie nationale de la sécurité routière, les parties prenantes devront également considérer certains facteurs comme le changement climatique, les attaques des convois et la lutte contre la corruption.

 

Navalona R.