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11-09-2019 par L'Express de Madagascar

Le RMDM sollicite la candidature de Marc Ravalomanana à la magistrature d’Antananarivo. L’ancien Chef d’État entretient toujours le suspens sur ses intentions.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


Le va-tout. La plateforme d’opposition RMDM met en avant sa pièce maîtresse dans la course aux municipales dans la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA). Durant une conférence de presse à l’hôtel Le Louvre, Antaninarenina, hier, cette entité politique a « présenté », la candida ture de Marc Ravalomanana, ancien président de la République, à la mairie de la capitale.

« Il ne s’agit pas d’une candidature partisane. Nous présentons sa candidature, non pas, parce qu’il est le président du RMDM, mais sur la base de son expérience dans la gestion de la ville », argumente Ihanta Randriamandrato, chef de file du parti TEZA, également, secrétaire générale de la plateforme d’opposition. Tabera Randria­manantsoa, affirme qu’après un échange de quatre heures, le vice-président  du RMDM affirme que  « Marc Ravalomanana a accepté d’être candidat à la mairie d’Antananarivo ».

L’intéressé entretient, toujours, le flou sur ses intentions. En l’état actuel des choses, « sa candidature se précise », confie, toutefois, un de ses proches qui ajoute qu’ « un revirement pour le soutien à un autre candidat est toujours possible », confie l’un de ses collaborateurs. Il faudra, visiblement, attendre jusqu’aux derniers instants de la période de dépôt des dossiers de candidature pour savoir si Marc Ravalomanana s’est décidé ou non à s’aligner dans la course à la magistrature d’Antananarivo. Le deadline étant demain, à 17 heures.

La candidature de celui qui est, également, le président national du « Tiako i Madagasikara » (TIM), a, également, déjà été sollicité par son parti lors de son congrès national, le 13 juillet. Un temps, certaines sources, indiquaient que le fondateur de l’empire TIKO hésitait à prendre part à la course aux municipales.

Ses dernières apparitions indiquent, cependant,  qu’il pourrait s’être décidé à entrer dans l’arène ou, du moins, tâte le terrain. Durant les deux dernières assemblées générales du personnel de la CUA, c’est Marc Ravaloma­nana qui a mené le bal, éclipsant son épouse Lalao Ravalomanana, accessoirement, maire d’Anta­nanarivo. Comme l’a déclaré Alain Andriamiseza, hier, « présenter », la candidature du président du RMDM à Anta­na­narivo, est aussi, une manière d’affirmer la crédibilité électorale de l’opposition.

Marc Ravalomanana pourrait tenter un dernier sursaut d’orgueil. Être le premier magistrat de la ville des mille lui permettra de rester sous les feux de rampe. Diriger la capitale pourrait, toutefois, vite devenir un cadeau empoisonné, surtout en vue d’une nouvelle tentative à la présidentielle. Le bilan chaotique de son épouse dont-il est le conseiller spécial ne plaide pas, non plus, en sa faveur. Il pourrait s’agir d’un combat d’arrière-garde.

Happer par les préparatifs de la conquête de la magistrature suprême de son mari et se mettant à dos les tenants du pouvoir, Lalao Ravalomanana et son équipe n’ont pas été à la hauteur du défi qu’imposait le redressement de la capitale. Une cohabitation entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, président de la République, semble, jusqu’ alors, non viable.

Le relèvement de la ville impose, pourtant, une collaboration franche et constante entre la CUA et l’État central. Un paramètre incontournable dont l’ancien Chef d’État est, visiblement, conscient. A l’hôtel de ville Analakely, hier, il a prêché la réconciliation, le dialogue et la coopération, allant jusqu’à demander publiquement une rencontre avec son meilleur ennemi, le locataire d’Iavoloha.