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05-08-2020 par L'Express de Madagascar

Ils étaient quelque neuf-cent personnes hier, dans le district d’Atsimondrano. Tous attendaient le pack composé d’un sac de riz, de PPN, de CVO.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


Après Commune Urbaine d’Antananarivo, le district d’Atsimondrano a réuni les bénéficiaires du «Sosialim-bahoaka». Hier, quelque neuf-cent personnes ont reçu un pack composé d’un sac de 50 kilos de riz, deux bouteilles d’huile, deux boîtes de lait concentré, quelques produits de première nécessité et un sachet de la tisane CVO. La distribution s’est déroulée avec son lot de couacs et de mécontentement.
Tôt le matin, la commune de Bemasoandro Itaosy a été noire de monde. Les familles vulnérables triées sur le volet dans les communes de Bemasoandro, Andranonahoatra et Fiombonana ont investi les lieux, pour le lancement officiel de la distribution de l’aide alimentaire sous l’égide de la Région Analamanga.
Très rapidement, une foule immense a rejoint les rangs dans l’espoir de bénéficier de cette aide avec pour justificatif, le carnet de fokontany et la carte d’identité nationale pour certains, le ticket de réclamation du « Tosika Fameno », pour d’autres. Mais beaucoup ont vite déchanté, apprenant qu’un quota a été déjà fixé et que les tickets ont été distribués la veille. Les responsables ont dû opérer dans la nuit, en faisant du porte-à-porte. Une procédure décriée par une partie de la population : « C’est louche et cela sent la corruption à plein nez » dénoncent-ils. « Dans l’urgence, on a dû procéder ainsi », entend on du côté du district d’Atsimondrano. En ajoutant que les fokontany ont fait le tri à partir de la liste des personnes vulnérables.
Ceux qui ont déjà bénéficié du « Tosika Fameno » ou du « Vatsy Tsinjo » ont été exclus de la liste des bénéficiaires du « Sosialim-bahoaka ». Mais ceux qui étaient présents ne l’entendaient pas de cette oreille. Criant au scandale, ils s’en sont pris aux chefs de fokontany et aux maires, réclamant leur éviction. Devant l’entrée de la commune, la foule a commencé à s’agiter. La circulation en a été fortement perturbée.
Par crainte de débordements, Alphonse Rabefakatro, le maire de la commune de Bemasoandro a dû trouver une solution d’urgence en organisant une nouvelle inscription à la liste des prochains bénéficiaires de l’aide. Les services de sécurité, eux, ont dû intervenir sans user de la violence. Seule la prise de parole du président de la République, venu assister au lancement, a rassuré la population qui scandait sans cesse : « Nous avons faim, vous avez promis l’aide alimentaire pour chaque foyer. Pas de discrimination ».
La situation a failli s’embourber de peu. En fait, tout part d’un malentendu. Ceux qui n’ont jamais rien perçu espéraient cette fois-ci qu’ils seraient priorisés. D’autres pensaient qu’il suffisait de se munir du carnet de fokontany et de la carte d’identité nationale pour pouvoir bénéficier du filet social. « Il y a eu aussi les perturbateurs », dénonce le chef de district.
Les rues ont retrouvé le calme. Vers midi, il ne restait plus qu’une centaine de personnes sur les neuf-cent bénéficiaires qui attendaient de passer devant le check point, le visage rayonnant.