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16-04-2021 par L'Express de Madagascar

Le président de la République affirme des suspicions de malversation autour des médicaments anti-Covid. Des agissements qu’il condamne avec fermeté.



Inacceptable. Un adjectif affirmé par Andry Rajoelina, président de la République, hier, pour dénoncer les abus et détournements de certains médicaments inscrits dans le protocole de traitement du coronavirus.
Dans ses prises de parole au Centre de traitement Covid-19 (CTC-19), à Soamandrakizay et Ankorondrano, hier, le Chef de l’État s’est insurgé contre les spéculations sur les médicaments utilisés dans le traitement du coronavirus. Particulière- ment remonté, le président Rajoelina affirme que contrairement à ce que veulent faire croire certains, les réserves de médicament sont suffisantes. Il prend l’exemple du Lovenox, un anti-coagulant.

Le président de la République soutient qu’il y a six mille cinq cents Lovenox en réserve. Qu’aussi, tous les malades hospitalisés ou pris en charge dans les CTC devraient y avoir accès gratuitement, comme convenu. «D’autant plus, ce n’est pas un médicament dont ont. besoin tous les patients. Il n’est administré que sur avis du médecin. Il coûte cher. Certains disent, pourtant, qu’ils n’en trouvent nulle part. Parallèlement les ventes clandestines inondent les réseaux sociaux», assène Andry Rajoelina.

«Il est inconcevable qu’en ces temps difficiles, il y en a qui profitent de la détresse des malades pour se faire de l’argent», soutient le Chef de l’État. Sur sa lancée, il affirme urbi orbi, la gratuité des consultations, des soins et des médicaments auprès des établissements publics comme les Centres de santé de base (CSB), les CTC-19 et les centres hospitaliers.

Pour fermer la porte à toute tentative de détournement ou d’induire en erreur le public, le Président va même jusqu’à donner la liste des médicaments gratuits.

Dans la liste des médicaments distribués gratuitement aux patients, dans les établissements publics, il y a donc, les antibiotiques, les anticoagulants, notamment, le Lovenox, le CVO+ en gélule, ainsi que les fortifiants tels que le magnésium et la vitamine C. Le Président ajoute, cependant, que le traitement des maladies spécifiques comme le diabète n’est pas pris en charge. Depuis le début de la deuxième vague de propagation du coronavirus, effectivement, la vente au noir, ou en ligne des médicaments figurant dans le protocole de traitement de la maladie prolifere.

Paradoxalement aux ventes clandestines, pourtant, certains médicaments se font rares dans les pharmacies et surtout, auprès de quelques CSB. Outre le Lovenox pris en exemple par le président de la République, les fortifiants et les antibiotiques, particulièrement, l’azithromycine et ses dérivés se raréfient. Chez certains revendeurs, les prix sont quasiment doublés. D’autres ne proposent que des médicaments du même genre, mais largement plus cher.

À entendre le Président, hier, les réserves étatiques de médicament pour les établissements publics devraient être suffisantes. À s’en tenir au discours de Andry Rajoelina, toujours, il y aurait des speculations sur les médicaments inscrits dans le protocole de soin de la Covid-19. Le Chef de l’État a tapé du poing. Il devrait s’ensuivre des sanctions contre les éventuels spéculateurs ou auteurs de détournement de médicament et revendeurs illicites. Cette pénurie est aussi constatée auprès des pharmacies, pourtant.