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01-07-2020 par L'Express de Madagascar

Sise à Tanjombato, l’usine Pharmalagasy est en passe d’être opérationnelle. Les premiers médicaments issus de sa chaîne de production sont attendus d’ici un mois.


Copyright Image : Presidence


Quinze mille gélules par minute. Telle serait la capacité de production de Pharmalagasy, une fois sa vitesse de croisière atteint. Un chiffre donné par Andry Rajoelina, président de la République, hier, en marge d’une visite des lieux, à Tanjombato.

Ayant levé le pied durant le week-end suivant la fête nationale, le Chef de l’Etat et son épouse ont effectué une sortie médiatique, hier. Il s’agit d’une visite des locaux de l’usine pharmaceutique de Tanjombato, fraîchement remise en état. Anciennement dénommé OFAFA ou « Orinasa fanamboarana fanafody », avant d’être cédé à une entreprise de textile, le site restitué à l’Etat accueille désormais l’usine pharmaceutique baptisée Pharmalagasy.

Les machines et autre matériel devant équiper la chaîne de production de Pharmalagasy ont débarqué par avion-cargo à l’aéroport d’Ivato, le 18 juin. Au regard de la descente présidentielle d’hier, les installations sont en phase d’essai. Comme le réitère le président de la République, le premier médicament qui sortira de la chaîne de production de l’usine de Tanjombato sera le CVO+.

Sous forme de gélule, le CVO+ compte, également, l’artemisia parmi ses composants. Destiné à soigner le coronavirus, il est présenté comme le fruit d’une collaboration entre des scientifiques malgaches et étrangers. Le Chef de l’Etat souligne, néanmoins, que le CVO+ est différent de la décoction qu’est le Covid-Organics ou Tambavy CVO.

Issu des laboratoires de l’Institut malgache de recherche appliquée (IMRA), le Tambavy CVO est le cheval de bataille de l’Etat, depuis quelques mois. La décoction est déclinée en formule préventive et curative pour faire face à la pandémie. Avec le CVO+, toutefois, Madagascar s’attaque frontalement au marché du médicament pour soigner le coronavirus.

« Selon les estimations, la production devrait démarrer dans un mois », annonce Andry Rajoelina. Les trois machines nouvellement installées devront donc, produire jusqu’à quinze mille gélules de CVO+, en une minute. A entendre les explications du Chef de l’Etat, la gélule à base d’artemisia, entre autres, serait encore en phase d’essai clinique. « Ce médicament est soumis à des essais cliniques stricts », affirme le Président.
Dans un bref plaidoyer en faveur du CVO+, Andry Rajoelina ajoute que « le dosage de chaque principe actif qui le compose est précis ». Que les procédés scientifiques pour l’élaboration de ce médicament, seraient « plus poussés », faisant le parallèle avec le Covid-Organics, présenté comme un remède traditionnel amélioré. L’Etat, de prime abord, veut éviter que le CVO+, connaisse les mêmes péripéties que le Tambavy CVO.
Le Covid-Organics s’est heurté à une résistance de l’opinion scientifique et médicale, surtout, internationale. En mettant l’accent sur le respect d’un protocole d’essai clinique strict, le président Rajoelina semble vouloir mettre tout le monde d’accord. Si le CVO+, sera d’abord voué à soigner les malgaches atteints de la Covid-19, le Chef de l’Etat, le 18 juin, à Ivato, a clairement affirmé une ambition de s’attaquer au marché africain et international.
Alors que d’autres pays commencent à annoncer qu’ils ont découvert un médicament, ou même un vaccin du coronavirus, Andry Rajoelina a déclaré, le 18 juin, « nous sommes prêts à faire face à la concurrence internationale ». La réussite médicale et commerciale du CVO+, par ailleurs, revêt un enjeu majeur pour Madagascar, qui souhaite faire de l’industrie pharmaceutique un axe phare de son industrialisation. Outre la gélule à base d’artemisia, le business plan de Pharmalagasy affiche la production de douze sortes de médicaments d’ici trois ans.