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14-11-2019 par L'Express de Madagascar

Le vieux stade de Mahamasina accueille un match éliminatoire de la CAN 2021 samedi. Mais ce stade ne remplit aucune norme internationale.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


Champ de patate, champ d’arachides, terrain détruit par une bombe atomique. Combien de fois n’a-t-on pas entendu un tel sarcasme de la part des équipes visiteuses à l’issue d’un match à Mahamasina. L ‘état de la pelouse est tout simplement lamentable et les joueurs malgaches, plutôt techniques, en  sont les premières victimes. En octobre 2010 , les Barea avaient perdu 0 à 1 justement face aux mêmes éthiopiens à cause d’un tir rebondi par la pelouse bosselée qui a trompé le gardien malgache. Samedi, le terrain pourrait encore jouer des tours aux joueurs des Barea habitués à jouer sur du billard à l’étranger. En tout cas, la pelouse enlèvera 40% de la capacité technique des joueurs. Elle oblige à faire un contrôle de plus, à retarder un tir.

L’état de la pelouse peut également causer de graves blessures aux joueurs. Certains grands joueurs professionnels refuseraient d’évoluer sur ce terrain.
Le stade de Mahamasina a été construit dans les années 60 et la dernière extension remonte à 1990 lors des Troisièmes Jeux des îles de l’océan Indien. Sa capacité avait été portée de 10.000 à 30.000 places grâce au Fonds national d’investissement qui avait financé les travaux. Depuis il a été mis sous la gestion de la Commune urbaine d’Antananarivo qui fait la pluie et le beau temps. Aucune retouche supplémentaire n’a été apportée jusqu’ici. Au contraire, l’état du stade, massacré par les concerts et les messes, n’a cessé de se détériorer. En 1997, lors des troisièmes Jeux de la Francophonie, le stade était équipé d’une sono puissante qui a disparu. Les cabines de presse étaient munies de bornes internet et de téléphone. Il n’en reste plus que les traces aujourd’hui. Les vestiaires, les douches et les toilettes étaient bien équipés. Il n’en reste plus grand chose aujourd’hui. Pour tout dire et après plusieurs visites  des émissaires de la CAF et de la FIFA, Mahamasina est loin de répondre aux normes internationales exigées par ces instances pour ne citer que la tribune de presse inexistante.

Mahamasina n’offre  aucune norme sécuritaire pour les spectateurs comme en témoignent les drames meurtriers successifs. Les bousculades à l’entrée comme à la sortie sont monnaie courante. Il n’y a pas une seule toilette aussi bien dans les tribunes que sur les gradins. Les spectateurs font leur besoin dans une bouteille d’eau minérale que tout le monde jette un peu partout après le match ou lance sur les joueurs quand l’équipe malgache perd.

Malgré toutes ces lacunes, la Cua a toujours refusé toute offre de collaboration, tout projet de réhabilitation ou de rénovation du stade. La proposition du président de la République Andry Rajoelina de rénover la pelouse par du gazon anglais et de porter la capacité du stade à 60.000 places a reçu une fin de non recevoir de la part des autorités communales.
Dans le passé, en 1999 la FMF avait un projet de rénovation de la pelouse et des tribunes grâce à un budget offert par la Fifa mais la Cua avait répondu par un non catégorique. Le projet a dû être transféré à Mahajanga. En 2015, le projet était relancé mais la Cua n’a pas changé d’avis et c’est Toamasina qui en a hérité.

La rapidité de l’écoulement des billets de la tribune centrale à 80.000 ariary montre que la capacité du stade est nettement dépassée et qu’il va falloir inéluctablement l’augmenter. Comment peut-on dire que ce n’est pas une priorité après l’accueil historique des Barea au retour de la CAN? Samedi, le match va se jouer à guichet fermé. Qui dit mieux?