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L'historien russe qui fait sortir de l'anonymat des victimes de Staline
(29-01-2018) - Grâce à lui, 50.000 victimes sont déjà sorties de l'anonymat. Depuis 30 ans, l'historien Anatoli Razoumov s'acharne à rendre public les noms de ceux qui ont été exécutés à Leningrad, aujourd'hui Saint-Pétersbourg, durant les purges staliniennes.
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© AFP

"Je n'ai pas trouvé de logique, c'était inhumain et inexplicable", raconte l'historien à l'AFP après des années de travail de fourmi, une tâche menée aujourd'hui "dans l'indifférence".

Le travail de mémoire reste difficile en Russie plus de 80 ans après l'apogée de la terreur stalinienne, à l'origine de millions d'exécutions, de personnes envoyées au Goulag, déportées dans des régions insalubres ou succombant à la famine.

Les autorités russes, Vladimir Poutine en tête, cherchent à minimiser les pages les plus sombres du passé au nom de l'unité nationale.

Dans les treize volumes du "Martyrologe de Leningrad", rédigés depuis 1987 sous la direction de M. Razoumov, on retrouve des noms, des dates de naissance et de décès, des métiers et des adresses de ceux qui, un jour, ont disparu à Leningrad comme s'ils n'avaient jamais existé. Au mieux, leurs proches apprenaient leur "condamnation sans droit de la correspondance", sans réellement savoir ce qui leur était arrivé.

"J'ai lancé mes recherches en 1987, à l'époque de la Perestroïka, dès que c'est devenu possible", raconte à l'AFP Anatoli Razoumov.

Fils d'un militaire soviétique dont la famille n'a pas été touchée par les répression, Anatoli Razoumov s'est chargé lui-même de rendre un dernier hommage à ces hommes et ces femmes qui furent ouvriers, ingénieurs, tailleurs ou caissiers, calomniés et exécutés lors de la Grande Terreur.

Le bureau de cet homme aux yeux bleus de 62 ans est situé en plein centre de l'ancienne capitale impériale, au sein de l'énorme bâtiment de la bibliothèque nationale. Il est encombré d'armoires où les livres et les centaines de dossiers qu'il a retrouvés -notamment dans les archives du NKVD, la police politique stalinienne- ou qui lui ont été envoyés par les proches de victimes.

M. Razoumov en exhibe un: des procès-verbaux d'interrogatoires et un verdict portant sur Nina Doubrovskaïa, 28 ans, étudiante d'origine polonaise. Accusée d'être une espionne polonaise, elle fut exécutée le 11 décembre 1937.

© AFP
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