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« Madagascar est le seul pays qui s’appauvrit depuis soixante ans sans avoir connu la guerre », ou le paradoxe malgache.
(08-01-2018) - Constat dont la paternité revient à l’économiste en chef de la Banque mondiale Pierre Demangel déjà en 1992 et repris ces derniers temps par des chercheurs du DIAL (Développement, institutions et mondialisation) et dont l’entretien est paru dans Le Monde.
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© Midi Madagasikara

Le cas malgache est assez singulier voire une énigme pour beaucoup. « Depuis près de 60 ans , l’île n’a cessé de s’appauvrir…Le revenu par habitant est inférieur à un tiers de ce qu’il était au moment de l’indépendance, alors que ,dans le même temps , il a été multiplié par trois dans les pays subsahariens dont les performances sont pourtant loin d’être mirobolantes ». Comparé aux « locomotives » comme la Côte d’ivoire, le Cameroun ou le Bénin. Madagascar s’est fait distancer, y compris par ceux non dotés de ressources naturelles et pourtant, des prémices de croissance ont apparu sur cette période mais elles ont été vite étouffées pour être suivies de crise majeure. Comment est-on arrivé à cette situation déplorable alors que nous n’avions pas connu de conflit majeur au point de fracturer l’intégralité de la société ? En plus, le pays n’est pas plus exposé aux aléas climatiques que ses voisins et enfin, selon des études sérieuses, la population possède une identité nationale forte et une faible discrimination ethnique qui n’entraînerait pas des rivalités de cet ordre.

Ce phénomène s’expliquerait par le règne d’une « économie de rapine » avec des rentes faciles à prélever sur les ressources naturelles, les aides extérieures, l’Etat… Cette rente de situation serait au profit d’une classe de « super élites », soit environ 10 000 personnes au détriment de 25 millions d’habitants. Il semblerait que dès qu’une équipe au pouvoir dégage une embellie économique, une crise politique survient. Pourquoi ? Parce que la croissance ne profite pas à toutes les couches de la population surtout aux plus défavorisées, la classe moyenne est devenue inexistante parce que, usée par les crises économiques successives et enfin, la mobilisation sociale est embryonnaire avec la sacralisation du pouvoir. Tout cela rend absent toute canalisation de velléités d’opposition et de confrontation constructive.
Pour peu, qu’un groupe de cette « super élite » se sente frustré parce qu’oublié de la croissance naissante et avec l’aide de quelques éléments de l’armée et la situation devient subversive voire tendant à une prise de pouvoir. Une des explications de cette descente en enfer du pays se trouverait là. La solution est de rompre cette hégémonie de ces « super élites » qui, bien apparemment multiformes, perpétuent pourtant le même système.


M.Ranarivao



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