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20-06-2018 par La dépêche de Madagascar

Les communautés villageoises ont depuis quelques temps manifesté leur mécontentement face aux activités de six navires de pêches qui risqueraient, selon eux, d’épuiser les ressources halieutiques de cette région


Copyright Image : La Dépêche de Madagascar

Les voix commencent à s’élever dans la région Atsimo Andrefana. Les communautés villageoises ont depuis quelques temps manifesté leur mécontentement face aux activités de six navires de pêches qui risqueraient, selon eux, d’épuiser les ressources halieutiques de cette région. Selon les indiscrétions, ces navires pourraient bien servir à sortir clandestinement les 10 000 tortues radiées, récemment saisies à Toliara. Aussi, les autorités locales ont voulu tirer les choses au clair hier.

Pour leurs activités de pêche, ces navires opèrent bien en toute légalité, d’après les explications du directeur de l’Agence portuaire, maritime et fluviale (APMF) de Toliara, Ronsard Franck Rakotozafiarimamy. Disposant d’une licence de pêche en bonne et due forme, chacun de ces navires ont au moins 10 marins Malgaches à leurs bords pour informer l’agence, indique-t-il.

« Mais ils peuvent effectivement travailler dans nos eaux. Sauf que leurs activités réelles ne sont pas déterminées. Nous ne sommes d’ailleurs pas en mesure de déterminer l’équipement qu’ils utilisent. Et ce qui confortent la préoccupation de ces communautés villageoises », lance pour sa part le directeur général du Centre de fusion d’information maritime (CFIM), Jean Edmond Randrianantenaina.

Sur son site, le CFIM rapporte « que les 6 bateaux auraient utilisé de grands filets jusqu’à 15 km de long et charriaient tous les poissons sur leur chemin. Ils transporteraient les produits pêchés vers l’océan où il y a probablement un autre navire qui les ramassait et les transportait vers un autre lieu ». Ce, en faisant mention d’une pêche illégale. Fort malheureusement, le Centre de surveillance de pêche (CSP), qui avait pu apporter quelques éclaircissements, n’a pas été joignable.

Par rapport à un éventuel trafic de tortues par voie maritime, le Chef de la région Atsimo Andrefana, Jules Rabe dément. « Jusqu’ici, nous ne pouvons attester que ces bateaux participent à un quelconque trafic d’espèce endémique. Nous pensons que ces communautés ont voulu inventer cette histoire pour interpeller les autorités à agir », explique-t-il. Mais en tout cas, il y a de quoi à rester aux aguets, comme l’a souligné la direction de l’Environnement de cette région.

« Il y a ce soupçon des communautés villageoises. Aucune perquisition n’est encore faite or c’est cette perquisition qui va nous permettre de tirer les choses au clair », conclut cette direction.

RADO ANDRIAMAMPANDRY