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Des ateliers pour attirer les jeunes éloignés des métiers du numérique
(13-12-2016) - Initier les enfants à la programmation informatique pour toucher dès le plus jeune âge un public sous-représenté dans les métiers du numérique: c'est l'objectif de l'événement "One Hour of Code" (une heure de code), qui a eu lieu en France la semaine dernière.
Des enfants devant un écrant tactile le 3 juillet 2012 à Moirans-en-Montagne
Des enfants devant un écrant tactile le 3 juillet 2012 à Moirans-en-Montagne
© AFP

Dans la bibliothèque du collège Hector Berlioz à Paris (XVIIIe), un établissement classé REP (réseau d'éducation prioritaire), une quinzaine d'enfants de 6e s'installent devant les ordinateurs, pour un atelier de code d'une heure.

L'objectif de la session est de leur présenter les rudiments du langage informatique, au travers d'une activité ludique. "On les amène pas à pas à découvrir les principes de base du code, on est dans ses principes et sa philosophie", précise Laurence Lafont, directrice de la division marketing et opération chez Microsoft France et l'une des animatrices du jour.

Sur les écrans s'affichent d'un côté l'univers du jeu vidéo Minecraft, sorte de Lego électronique prisé des ados, et de l'autre des blocs de commandes ("avancer plus", "tourner à droite") à ordonner pour contrôler un personnage.

"C'est important de leur montrer que le code est avant tout de la logique, qu'il ne faut pas forcément être bon en mathématiques", souligne Céline Corno, chargée de développement de l'association de soutien scolaire ZUPdeCo.

"On essaie de leur faire passer des messages clés, comme par exemple que le code n'est pas réservé aux gens qui ont un bac +8 et que c'est pourvoyeur d'emploi", ajoute-t-elle.

Face à l'écran, Bilal hésite. "Je mets démarrer?", demande-t-il a une animatrice de ZUPdeCo.

"Oui, c'est bien de tester ton code de temps en temps", lui répond-elle. Bilal s'exécute et voit son personnage construire la moitié d'un mur. Il laisse la souris à Keyrial, qui ajuste les commandes et termine l'exercice.

Cette année, au total, près de 10.000 enfants ont participé à ces ateliers organisés en France par Microsoft France, le réseau d'écoles du numérique Simplon.co, et ZUPdeCo, sous le haut patronage du ministère de l'Education nationale.

"Le mouvement prend de l'ampleur chaque année, les opérations comme One Hour of Code sont regardées avec bienveillance, comme le code a fait son entrée dans les programmes scolaires", assure Frédéric Bardeau, cofondateur de Simplon.co.

- Féminiser le secteur -

Ce genre d'initiative cherche à toucher un public large, et notamment des profils éloignés de l'univers de l'informatique.

"On a malheureusement beaucoup de postes qu'on a du mal à pourvoir et parmi les raisons les plus significatives il y a le fait que les métiers du numériques sont très insuffisamment connus", affirme Bernard Ourghanlian, président de la commission emploi, formation, éducation et mixité de Syntec, premier syndicat patronal de ce secteur qui a enregistré 14.000 créations d'emplois nettes en 2015.

Or, parler de l'informatique dès le plus jeune âge maximise les chances de susciter des vocations.

"Si on donne cet intérêt aux enfants plus tôt, on pourrait éviter à certains d'entrer dans une logique de décrochage", ajoute M. Ourghanlian.

Pour prouver que l'informatique s'adresse à tous et à toutes, ZUPdeCo présente notamment des grandes figures du numérique féminines, comme Ada Lovelace qui a travaillé au XIXe siècle sur le principe des algorithmes et Hedy Lamarr, qui a inventé un système de transmission d'information à la base du principe du wifi.

"On essaie aussi de faire venir des animatrices qui travaillent dans le secteur pour que ce soit incarné", décrit Mme Corno.

"C'est important que les filles soient touchées le plus vite possible pour qu'elles ne soient pas affectées par le syndrome de l'imposteur", insiste M. Bardeau. Ce sentiment de manque de légitimité contribuerait à expliquer la faible proportion de femmes dans les métiers du numérique.

D'après les chiffres du Syntec, le taux de féminisation dans le numérique est de 33%, contre 53% tous secteurs confondus.



© AFP
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