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Brésil: après Zika, le Chikungunya est "la plus grande menace"
(12-01-2017) - Un an après l'explosion de l'épidémie de Zika, le retour des fortes chaleurs au Brésil fait peser la menace d'une autre maladie transmise par le moustique Aedes aegypti, le Chikungunya, dont le nombre de cas ne cesse d'augmenter à Rio de Janeiro.
Des moustiques Aedes aegypti dans des récipients à l'Institut des Sciences biomédicales de l'université de Sao Paulo, le 8 janvier 2016 au Brésil
Des moustiques Aedes aegypti dans des récipients à l'Institut des Sciences biomédicales de l'université de Sao Paulo, le 8 janvier 2016 au Brésil
© AFP

Selon le docteur Rivaldo Venâncio, directeur de la Fondation Osvaldo Cruz (Fiocruz) dans l'Etat du Mato Grosso do Sul, les services de santé ne sont "pas en mesure de faire face" à une grande épidémie de ce type.

Les recherches de la Fiocruz ont poussé les services de santé de Rio à tirer la sonnette d'alarme, en évoquant le risque potentiel d'infection de 30 a 50% de la population, qui compte plus de 6 millions d'habitants. En 2016, 14.000 cas ont été recensés à Rio et 10 personnes sont décédées de la maladie.

Q : Comment en est-on arrivé à cette estimation inquiétante ?

R : "Il s'agit d'estimations basées sur les épidémies observées dans d'autres régions, comme l'île de la Réunion, où près de 40% de la population a été atteinte en 2005 et 2006. En réalité, le pire scénario serait environ 300 à 500.000 cas, ce qui serait déjà énorme quand on sait qu'il s'agit d'une maladie invalidante. Les symptômes de forte fièvre et douleurs articulaires exigent que le patient sollicite de façon quasi quotidienne les services de santé. Parmi les maladies transmises par les moustiques, le Chikungunya est sans aucun doute la plus grande menace de l'été au Brésil" (décembre à mars).

Q : Pourquoi le risque est-il accru cette année ?

R : "Parce que cette maladie, qui est arrivée au Brésil par le nord et le nord-est, est en train de se répandre vers le sud-est, plus peuplé, où la population ne possède pas d'anticorps contre le virus. Contrairement à la dengue, qui circule dans tous les Etats du pays depuis plus de trente ans, le Chikungunya n'est ici que depuis 2014. C´est pour ça que nous envisageons une grande possibilité d'explosion d'épidémies dans plusieurs localités du Brésil. Le Zika a connu une expansion gigantesque, surprenante et extrêmement rapide dans tous le pays, mais cela signifie qu'un fort pourcentage de la population possède des anticorps contre cette maladie, ce qui n'est pas le cas pour le Chikungunya. La quantité de personnes potentiellement vulnérables est infiniment supérieure."

Q : Une épidémie de Chikungunya est-elle plus à craindre que celle de Zika ?

R : "Les conséquences des deux maladies sont extrêmement graves, mais celles du Chikungunya sont relativement prévisibles, grâce aux observations dans d'autres pays. Les réelles conséquences du Zika ne sont pas encore totalement connues. Nous avons observé, par exemple, que certains bébés nés apparemment avec des cerveaux de taille normale ont commencé à développer des malformations congénitales quatre, cinq, voire six mois après la naissance. Cela dit, même si elles sont mieux connues, les conséquences du Chikungunya sont dévastatrices. Ni le système de santé public ni même le privé ne sont aptes à faire face de façon adéquate à une grande épidémie de ce type."



© AFP
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