France–Madagascar : un partenariat « renouvelé et équilibré » scellé à l’Élysée
En visite en France du 23 au 25 février 2026, le colonel Michaël Randrianirina a été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron. Au-delà des déclarations diplomatiques, les deux dirigeants ont acté une volonté commune : rééquilibrer et moderniser le partenariat franco-malgache pour produire des résultats concrets au bénéfice des populations.
Soutien au processus de Refondation
Mardi 24 février, le président de la Refondation de la République de Madagascar a franchi les portes du Palais de l'Élysée pour un entretien avec son homologue français, Emmanuel Macron. La rencontre, suivie d’un déjeuner et d’échanges élargis aux délégations ministérielles, intervient quatre mois après l’arrivée au pouvoir du nouveau chef de l’État malgache. Dans un contexte international marqué par les recompositions géopolitiques et les tensions économiques, les deux présidents ont choisi de remettre à plat les priorités de la relation bilatérale. L’accent a été mis sur la nécessité d’un partenariat moins déséquilibré, davantage centré sur l’efficacité et les retombées concrètes.
Les discussions ont débouché sur une feuille de route couvrant la période de vingt-quatre mois correspondant au processus de Refondation engagé à Madagascar. Trois axes structurent cette orientation : le dialogue politique, l’appui au développement économique et la coopération en matière de sécurité et de défense. Côté français, le soutien au processus institutionnel malgache a été réaffirmé, notamment en vue de l’organisation d’élections annoncées comme libres et transparentes. Paris souligne l’importance d’un cadre institutionnel stable pour consolider la confiance et encourager les investissements.
Des engagements économiques
Au plan économique, la France met en avant près de 70 millions d’euros de nouveaux projets engagés depuis octobre. Parmi les dossiers cités figurent le barrage hydroélectrique de Volobe, des initiatives dans l’économie bleue et le développement des capacités portuaires à Antsiranana.
Ces projets s’inscrivent dans une logique de croissance inclusive et de création d’emplois. Pour Madagascar, l’enjeu est d’attirer des financements structurants tout en améliorant la gouvernance et le climat des affaires, deux conditions régulièrement évoquées par les partenaires techniques et financiers. La rencontre a également mis en lumière la coopération entre le Groupement des Entreprises de Madagascar et le MEDEF International, qui envisagent un plan stratégique d’investissements aligné sur les priorités nationales malgaches. Cette implication du secteur privé est perçue comme un élément clé pour traduire les engagements politiques en projets économiques concrets. Elle témoigne aussi d’une volonté de renforcer les échanges commerciaux dans un cadre réglementaire clarifié.
Une solidarité face aux urgences
Sur le plan humanitaire, la France a rappelé son intervention après les cyclones Fytia et Gezani, avec l’envoi de 20 tonnes de fret et d’une cinquantaine d’experts techniques et personnels de sécurité civile. Un appui présenté comme une réponse immédiate aux besoins des sinistrés.
Cette séquence parisienne s’inscrit dans une phase diplomatique dense pour le président malgache, qui s’était rendu quelques jours plus tôt au Kremlin pour rencontrer le président russe. À Paris, le message se veut pragmatique : diversifier les partenariats tout en consolidant des relations historiques. Au terme de la visite, Antananarivo et Paris affichent une ambition partagée : faire évoluer leur coopération vers davantage d’équilibre et de résultats mesurables. Reste désormais à concrétiser les engagements annoncés et à démontrer, sur le terrain, l’impact de ce partenariat renouvelé.




