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02-04-2020 par Midi Madagasikara

Il était une fois… les contes… Notre culture regorge de ces bonnes vieilles histoires. Pourtant, la jeune génération d’aujourd’hui peine à connaître les meilleurs des contes malgaches. Avec ce confinement, c’est l’occasion ou jamais de redécouvrir et partager ces « lovan-tsofina » sans modération.


Copyright Image : Midi Madagasikara

 

« Indray andro hono… ». De cette formule s’ensuit une belle et longue histoire pour les enfants. Les contes font partie de ces belles choses qui mettent du baume au cœur dans ce monde de brutes. Depuis 2004, la planète a choisi de célébrer à sa manière les contes le 20 mars. Partout dans le monde, les conteurs fêtent à leur façon les belles histoires et les livres qui les renferment. Mais cette année, la célébration est passée sous silence à cause du coronavirus. Hélas, force est de constater que les jeunes malgaches ignorent notre richesse en matière d’art oratoire. D’après Arikaomisa Randria, écrivain et conteur, « la nouvelle génération est tellement entraînée dans la mondialisation qu’il est difficile pour elle de s’intéresser aux contes. Comme le conte malgache est surtout oratoire, les jeunes ont du mal à s’y intéresser de par leur faculté d’écoute très limitée à l’âge de l’adolescence. Comme chaque deuxième mercredi du mois, nous organisons des ateliers pour enfants qui incluent les séances de conte. Notre public est composé essentiellement d’écoliers issus des écoles primaires. »

La valeur du conte ternie. C’est la valeur du conte que le citoyen ignore. Comme les conteurs se font rares également, il est difficile de transmettre la valeur des histoires. « Les histoires avant de dormir, ce sont les tout petits qui en ont besoin » avance Hosana, un garçonnet de 14 ans. Inconditionnel des mangas et des dessins animés, l’adolescent porte un regard négatif sur les « angano », qu’il considère  comme insignifiants. Cette mentalité, beaucoup de jeunes voit cela comme une évidence, pourtant, les contes ont toujours un aspect éducateur. Selon Diavolana, conteuse et animatrice d’atelier pour enfants, « le problème c’est que les enfants peuvent être intéressés par les contes, mais il y a peu de personnes pour leur raconter les histoires. Bon nombre d’enfants ignorent même l’existence des contes malgaches. De même que par faute de temps, les parents n’arrivent pas à leur inculquer la valeur des contes, puisqu’eux-mêmes ne se rappellent plus de ces histoires. Il arrive que les parents lisent trop vite le conte pour que l’enfant s’endorme vite, sans la raconter comme il se doit. »

D’après Arikaomisa Randria, « les ‘mass media’ locaux tiennent un rôle essentiel pour pouvoir rehausser la valeur du conte malgache. La technologie moderne est bien plus attrayante que les narrations d’histoires. La solution, c’est de numériser les contes. Actuellement, plusieurs contes sont déjà mis en ligne. On pourrait également traduire ces contes en dessins animés ou les adapter au cinéma. Si la mondialisation s’accentue, autant en profiter et intégrer la culture en les mettant à disposition et faire en sorte que les histoires soient exploitables avec les technologies modernes » souligne-t-il. De même qu’il est envisageable d’inclure le conte dans le programme scolaire. Comme la poésie, les contes peuvent faire l’objet de recherches si besoin est. Ce sera une occasion de remettre au goût du jour les contes, pour une large diffusion et peut-être éveiller des talents cachés. 

 

Bases. A noter que pour écrire des contes, il y a des bases à respecter, sinon le conte s’arrête à une simple histoire. Il faut savoir inventer quelque chose de merveilleux, qui fait rêver les petits et fait voguer les grands sur les vagues immenses de l’imaginaire. De plus, la volonté est de se diriger vers un public neuf, faire ou refaire découvrir les plaisirs d’écoute et de la lecture. Aller à la rencontre des personnages fantastiques comme Ibonia, Ibotity ou Rapeto…Par amour des bonnes choses, enchanter les oreilles par des lectures publiques et organiser des événements comme des parcours contés. En ces temps de confinement, c’est l’occasion ou jamais de passer un bon moment pour perpétuer les « lova-tsofina ».

 

Zo Toniaina