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17-05-2019 par Midi Madagasikara

Haja Rasolomahatratra ou Hajazz du groupe Solomiral est un patrimoine vivant de la musique malgache des années 70 jusqu’à aujourd’hui. 40 ans de musique et de scène, cela s’écrit.


Copyright Image : © Midi Madagasikara

 

N’importe qui rêverait d’un parcours pareil, 40 ans de musique. Hajazz Solomiral a fêté cette année ses 40 années à triturer sa guitare. Il est à classer parmi les « guitar hero » malgaches. Ce qui est incroyable, ce musicien de génie ne semble pas être marqué par autant de temps passés dans le paysage musical national.

Ses débuts se sont effectués à « Tanambe Ambatondrazaka, en 1975 avec l’intégration du groupe Solomiral », annonce-t-il. Le calcul se fait rapidement, à dix ans, il faisait déjà partie d’un « band ». Début très  précoce. Mais à l’époque, le système des médias n’étant pas encore ce qu’il est actuellement, cela s’est passé sans grands remous. Contrairement à ces gamins malgaches d’aujourd’hui, habillés comme des octogénaires. Arrivant à devenir des stars, à peine à 5 ans, avec leurs voix de canari et une stratégie marketing populiste à outrance.

 

Tonitruant. 

Selon toujours sa biographie, Hajazz a ensuite sauté de scène en scène à Antananarivo. « Beaucoup de petits concerts, par exemple, au cinéma Soa, « Tranompokonolona » Isotry, CCAC, au gymnase de Mahamasina. Les mariages, les fêtes scolaires, les retournements des morts, les mariages… ». C’était durant la période de 1976 à 1978. Un laps de temps qui a suffi au « Solomiral » de sortir son premier « 45 tours ». A l’époque, pouvoir sortir un disque était quelque part synonyme de notoriété. La musique pouvait également faire vivre son homme, encore très loin des soucis de piratage.

Ce disque a été enregistré en 1979 chez Discomad par « Fredy Ranarison, Eugène, Kelly Rajerison, Lucien Ranaivoson en tant que producteur ». Une année à marquer d’une pierre blanche. Hajazz et ses frères, de « Solomiral » s’attaque à Antsahamanitra, jadis l’une des plus grandes scènes de la capitale. Une affiche qu’ils partageaient  avec des stars comme Bessa sy Lôla, Dadavy, Zézé Rakotoarivelo, Raindimby, Gilbert Rakotomahefa, Ramahafadrahona et Bakomanga, Harvey Credo, Lendrema, Raozin’ny Paradisa…

 

Précurseur.

 Ensuite, il fait une petite bifurcation à Toamasina entre 1980 et 1989 en tant que musicien au studio Ravinala. Un établissement précurseur, puisque depuis l’arrivée des disques dans le pays, toutes les maisons d’enregistrement se trouvaient dans la capitale. C’était probablement la première fois qu’un studio s’ouvrait dans d’autres régions. Et Hajazz faisait partie du voyage. Dans sa biographie, il annonce comme une période de cheminement artistique atypique. « 1989 – 2011 guitariste à gauche à droite ». En effet, les frères « Solomiral » étaient la crème des musiciens, enfermés cependant par les mélomanes et le citoyen lambda dans le jazz.

Des Olombelo Ricky, Poopy, Régis Gizavo, Lalatiana et consorts, on retrouvait toujours la signature musicale de la bande. Pour être sûr  d’avoir les meilleurs, il fallait avoir l’un d’eux dans le groupe. Son histoire continue, des morceaux voient le jour sous le drapeau « Solomiral ». « Bako », « Mahatsiaro », « Sasa-miandry », « Mbola  hihaona isika », « Lalaina »… deviennent des titres phares. Le dépouillement musical, feutré et cristallin, guidant l’écoute vers l’essentiel, avec une précision d’orfèvre caractérise le jeu de Hajazz et de ses frères. Depuis 2017, le « guitar hero » s’est installé à la Réunion. Pourtant en 2018, la formation a annoncé un retour définitif. On attend de voir.

 

Maminirina Rado