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30-07-2018 par La dépêche de Madagascar

Un bon nombre d’ingénieurs informatiques formés à Madagascar préfèrent travailler à l’étranger. Laissant ainsi un grand vide pour le secteur des TIC malgaches.


Copyright Image : La Dépêche de Madagascar

Le chiffre inquiète. Malgré le petit nombre d’ingénieurs informatiques formés à Madagascar, estimé à 600 par an, 30% de ces ressources humaines qualifiées partent à l’étranger. Une menace qui pèse sur le secteur, depuis quelques années maintenant, d’après le président du groupement des Opérateurs des technologies de l’information et de la communication, Jean Luc Rajaona, à Antaninarenina hier.

Cette fuite de cerveau s’opère tout d’abord localement, par des cabinets de recrutement étrangers qui viennent dans la Grande Ile. « Ils viennent dans le pays, passent des entretiens, ils embauchent et les envoient en Europe pour un aller simple. Ce qui a un effet de débauchage massif pour nos entreprises. Toutes les entreprises de TIC à Madagascar en sont victimes, car ils ne recrutent que là où il y a de la compétence. C’est un affaiblissement de tout le secteur. Or c’est une pratique qui s’accélère d’année en année », dénonce-t-il.

Ce ne sont pourtant pas les ingénieurs formés ailleurs qui manquent. L’Europe sort par exemple 20 000 ingénieurs informatiques par an. Mais ces cabinets préfèrent embaucher des ingénieurs issus des pays en voie de développement, qu’ils peuvent payer moins cher. Et bien que les ingénieurs informatiques soient généralement trois fois mieux payés que les autres ingénieurs à Madagascar, ils préfèrent partir et gagner la moitié de ce que gagnent les ingénieurs à l’étranger.

Le GOTICOM n’a donc d’autres solutions que d’augmenter le nombre d’ingénieurs à opérationnaliser dans le pays, pour combler le vide laissé par cette fuite de cerveau. Avec l’Ecole supérieure des technologies de l’information (ESTI), Ils ont pu former plus de 100 techniciens supérieurs et plus de 700 étudiants. « Grace aux efforts des opérateurs privés et de l’Etat, nous sommes arrivés à un point où Madagascar est devenue une destination TIC pour les pays francophones. Une promotion qui repose surtout sur la disponibilité de mains d’œuvres qualifiées et de ressources humaines en informatique », poursuit-il. Lui d’indiquer que le secteur des TIC génère 140 millions de dollars chaque année, pour 15000 emplois directs, et 60 000 emplois indirects.

Rado Andriamampandry