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09-10-2019 par L'Express de Madagascar

L’étau se resserre autour des présumés responsables des perturbations du baccalauréat. L’ancien directeur des examens nationaux, notamment, est en détention pour enquête.


Copyright Image : Pixabay (Pour illustration)


Gardé en isolement. Prudem­ment, c’est avec ces mots que le général Richard Ravalomanana, secrétaire d’Etat à la gendarmerie nationale, confirme l’information selon laquelle, Solonjaka Rakotonasy, directeur des examens nationaux et directeur de l’office du Bac d’Antananrivo, récemment relevé de ses fonctions, est entre les mains des enquêteurs des bérets noirs.

« Il est effectivement entre les mains des enquêteurs, mais je ne peux pas en dire plus étant donné que l’enquête est toujours en cours », indique le membre du gouvernement. Il ajoute que l’ancien premier responsable des examens nationaux est « gardé en isolement », afin de s’assurer une certaine cohérence dans sa version des faits.

« Il s’agit d’une pratique dans la conduite d’une enquête afin d’éviter que le contact avec quelqu’un de l’extérieur n’influe sur les propos de la personne enquêtée », ajoute l’officier général.

Selon des sources proches de l’enquête, Solonjaka Rakotonasy aurait, cependant, été appréhendé, hier, peu avant 9 heures. La raison serait qu’il y aurait des suspicions sur son implication éventuelle, dans les fuites de sujets ayant sensi­blement ébranlé la quiétude des épreuves du baccalauréat, la semaine dernière. Son cas, d’après le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale, serait, toutefois, particulier puisque dans le dossier il a, également, le statut de « plaignant ».

L’ancien directeur de l’office du Bac d’Antananarivo aurait déposé une plainte suite aux événements qui ont troublé les examens. Outre l’audition par les enquêteurs des bérets noirs, découlant de cette démarche, il serait, également, enquêté dans le cadre d’une plainte contre X déposée par le ministère de l’Enseignement supérieur, afin de démasquer les personnes impliquées dans les fuites de sujets et des débordements ayant mis à mal la session du baccalauréat.

L’hypothèse selon laquelle, les fuites de sujets seraient des « actes volontaires », dans le but de court-circuiter le bon déroulement des épreuves est, jusqu’alors, l’hypothèse retenue par les autorités. Andry Rajoelina, président de la République, l’a notamment, souligné dans l’émission spéciale diffusée, dimanche. Une éventuelle relation dans le litige entre l’État le Syndicat des enseignants chercheurs et chercheurs enseignants (SECES), y a aussi, été évoquée.

Durant une conférence de presse, hier, Faliarivony Randriamialinoro, secrétaire général du SECES, a défendu, « il est impossible que les chefs de centre qui sont des enseignants des universités, soient impliqués dans les fuites de sujets. La procédure étant que les enseignants des lycées conçoivent les sujets. Le chef de centre est, du reste, toujours accompagné d’éléments des forces de l’ordre et de responsables de circonscription scolaire dans l’acheminement des sujets. Des sujets qui sont gardés dans les casernes des forces de l’ordre jusqu’au moment des épreuves ».

Durant une conférence de presse, vendredi, la professeure Blanche Nirina Richard, ministre de l’Ensei­gnement supérieur, a, toutefois, indiqué que, pour la province d’Antananarivo, les sujets étaient stockés à l’office du Bac. Après avoir été relevé de ses fonctions, suite « à une mesure administrative », le directeur des examens nationaux pourrait connaître des tourmentes judiciaires.

Contactés, hier en fin de soirée, ni le secrétaire général du SECES, ni celui ministère de l’Enseignement supérieur, le docteur Jean Claude Razaraniaina, n’étaient été au courant de ce qui s’apparente à « une garde à vue », de Solonjaka Rakotonasy, également, enseignant chercheur. En parallèle, la justice commence à prendre en main les résultats des enquêtes sur les perturbations recensées dans dix centres d’examen, sis dans huit régions.

À Ambatondrazaka, par exemple, un enseignant d’une école privée et cinq lycéens ont été placés en détention préventive, hier. Sur dix-huit personnes présentées au tribunal, un enseignant de mathématique a été, également, incarcéré de manière provisoire à Fianarantsoa, hier, tandis que le reste, tous des élèves sont en liberté provisoire. Pour Antana­narivo, le tribunal aurait demandé à étudier préalablement les dossiers de l’enquête de la gendarmerie avant d’écouter les individus mis en cause.