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17-12-2018 par La dépêche de Madagascar

Des fausses Cartes d’identité nationale(CIN) circulent actuellement d’après le DG de l’Imprimerie nationale. Il craint que la circulation de ces fausses pièces d’identité n’ait des conséquences sur l’élection présidentielle.


Copyright Image : ©La Dépêche de Madagascar

 

Le directeur général de l’imprimerie nationale, Jean-Angelson Randriamboavonjy, a déclaré l’existence de fausses Cartes d’identité nationale(CIN) utilisées en cette période électorale. C’était hier, lors d’une conférence de presse à Tsaralalana. Une annonce qui confirme les nombreuses doléances et preuves diffusée sur les réseaux sociaux de la part des anonymes au niveau des plusieurs districts. Il a indiqué que ces pièces d’identité non identiques à celles imprimées par cette société d’Etat n’étaient pas difficiles à reconnaitre.

« Nous étions surpris de l’existence de ces milliers de CIN retrouvées plusieurs jours après le premier tour de la présidentielle. Contrairement à celles imprimées par l’imprimerie nationale, ces cartes ne possèdent aucun dispositif de sécurité sur les vraies CIN. Nous demandons ainsi à tous les citoyens de ne pas hésiter à nous signaler. Cette fraude à grande échelle n’implique en aucun cas l’imprimerie nationale », a déclaré Jean-Angelson Randriamboavonjy.

Ce premier responsable au niveau de cette société d’Etat a souligné que les papiers utilisés pour l’impression des vrais CIN sont sur commande spéciale de l’Imprimerie nationale à l’étranger. Les fausses cartes sont par contre des papiers achetés sur le marché local. A part cette mesure, la société d’Etat n’utilise que de l’encre sécurisée conçue spécialement pour les CIN, ce qui n’est pas le cas pour ces fausses pièces d’identité. Les CIN imprimées par l’Imprimerie nationale sont par ailleurs numérotées par ordre continu.

Actuellement, environ 40% des fokontany dans tout Madagascar ont signalé l’existence de ces fausses CIN au niveau de la société d’Etat selon l’estimation de son directeur général. Face à cette situation, Jean-Angelson Randriamboavonjy craint que cette fraude n’aient des répercussions sur le déroulement du second tour de la présidentielle. « Ce ne sont pas les pièces d’identité que nous craignons mais leur diffusion sur tout le territoire. Les personnes ayant une CIN pourraient usurper l’identité d’autres personnes qui ne pourront pas élire. Pire, ces fraudeurs pourraient le faire autant de fois en faveur d’un candidat », craint-t-il.

Durant le premier tour de la présidentielle, des candidats ont déjà indiqué l’existence de ces fausses CIN qui auraient été créées dans l’objectif de faire voter des personnes décédées mais toujours inscrites sur la liste électorale en faveur d’un candidat. Une pratique rendue possible grâce aux dispositions de la loi organique relative aux élections et aux référendums. Le texte dispose en effet qu’il est possible de voter en apportant seulement la CIN.

Tsilaviny Randriamanga