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14-01-2021 par L'Express de Madagascar

Une vie meilleure, c’est le principal objectif des migrants venant du Sud. Hier, de nombreux migrants sont arrivés à Antananarivo.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


Déboussolé. Fatigué après un long périple de quelques jours. Mahaleo Jean Baptiste est arrivé à la gare routière de Fasan’ny Karana depuis hier, accompagné de sa petite famille, ils sont huit en tout. Mahaleo Jean Baptiste arrive d’Ambovombe. Comme la plupart des migrants, il est venu sans rien. Sans eau, ni provisions. « Nous n’avons ni argent ni provisions. Nous demandons l’aide et le soutien de l’État. Nous avons fait le déplacement en famille. Nous n’avons pas l’intention de retourner à Ambovombe », soutient-il.
La famille est partie avec en poche 80  000 ariary, ce qui nous a servi de frais de transport jusqu’à Antananarivo. A la recherche d’une vie meilleure. Car Mahaleo et sa famille ne comptent plus revenir à Ambovombe. Ils projettent d’aller à Marovoay. « Nous sommes à la recherche de terres arables. Nous allons à Marovoay », enchaîne-t-il.

D’Ambovombe, ils n’ont rien gardé. La famille a vendu tous ses biens. Sans le moindre regret. « Il n’y a vraiment plus rien qui nous retienne à Ambovombe. Le bétail a été décimé par la sécheresse. Nous avons vendu nos terres et nos maisons pour pouvoir venir à Antananarivo », témoigne Mahaleo. Antananarivo, loin des « tioka mena », redoutable tempête de sable dans le Sud qui ne permet aucune culture.

Pour ce long voyage, la famille a dépensé plus de 100 000 ariary. « J’ai quitté Ambovombe de mon plein gré pour subvenir aux besoins de ma famille. J’ai deux enfants et nous comptons aller à Marovoay dans l’espoir que nos proches nous fassent bon accueil. Car nous n’avons plus rien », con fie le père de famille. Une famille qui a pris son dernier repas samedi, parce qu’il a fallu garder de l’argent pour les frais de transport. « Jusqu’à Fianarantsoa seulement, cela nous a coûté 30 000 ariary ».

Hier, ils étaient nombreux à la gare routière Fasan’ny Karana. À camper sur les lieux. À attendre l’heure du prochain départ. Car les migrants n’ont nulle part où aller. «Les migrants restent dehors toute la nuit. On cotise pour pouvoir leur offrir de quoi manger », confie un responsable sur les lieux. Là où Maromaropo et sa famille campent après plusieurs escales avant d’arriver à Antananarivo. La famille est originaire de Bekily. « Les 20 000 ariary qui nous restaient ont été investis dans ce dernier voyage. Nous étions obligés de tout vendre… Nos terres, nos maisons et même nos vêtements pour pouvoir arriver jusqu’ici », témoigne-t-il.

Un recensement est effectué auprès des migrants bloqués à la gare routière du Fasan’ny Karana. Parmi les solutions, on avance l’implantation de sites communautaires. Une solution provisoire pour l’accueil des migrants du Sud. Un problème qui semble bien parti pour durer.