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29-09-2022 par L'Express de Madagascar

Les infections bactériennes occupent un pourcentage conséquent dans les causes de mortalité infantile.



Madagascar enregistre encore un taux de mortalité néonatale encore très élevé, selon la restitution des résultats du Projet BIRDY 2 et du projet NEOLIC, organisée par L'Institut Pasteur de Mada­gascar, hier au Radisson Blu Ambodivona. Il s’agit de 21,4 pour mille naissances vivantes (NV) alors qu’il est de 2,3 pour mille NV en France. Dans le monde, plus de la moitié de la mortalité néonatale (soit des nouveau-nés âgés de O à 28 jours ) est attribuable à des infections sévères (26%) et/ou aux conséquences d'une prématurité (27%). Pour le pays, la majorité des infections néonatales se déroulent la première semaine de vie, d'où la nécessité de mettre en place une intervention en priorité dans cette période de temps pour diminuer l'incidence des infections néonatales. Les infections bactériennes constituent en majeure partie des causes de ce taux d’incidence élevé. “Les infections sévères représentent le 2/3 des décès, et parmi elles, les infections bactériennes indiquent la moitié de ces décès. Il faut se pencher sur ses infections, de ce fait”, souligne Bich Tram Hyun, de l’Institut Pasteur de Paris.

Les résultats du programme BIRDY 1, mené à Madagascar entre 2011 et 2017, ont montré une incidence élevée d'infection néonatale (IN) et notamment dans la 1 ère semaine de vie (85% des cas). Dans 70% des cas, ces infections ne répondaient pas à un des deux antibiotiques de 1ère ligne recommandés par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé). En ce qui concerne le BIRDY 2 ou Bacterial Infec­tions and Antibiotic Resistant Diseases among Young children in Low Income Countries, les études ont été menées dans deux sites dont six-cents couples mère-enfant, dans trois quartiers du 3ème arrondissement de la Commune Urbaine d'Anta­nanarivo et dans 6 quartiers de la commune Urbaine de Moramanga avec une sous-étude transversale exploratoire au sein des foyers, One Health inclue jusqu'à cent vingt-six foyers, dont soixante-deux en milieu rural et 64 en milieu urbain. Il s’agit à la fin de huit cent cinquante personnes qui ont participé dans l’enquête.

Ainsi, le projet a pour objectif la confirmation de l'incidence d'infection néonatale élevée et qui est due à des bactéries multirésistantes aux antibiotiques recommandés par OMS en cas de sepsis néonatal. De ce fait, mesurer l'ampleur et le poids de la prématurité dans une population défavorisée est essentiel. Il pourrait ainsi proposer des mesures pour diminuer la prématurité et ses conséquences.La réduction de cette mortalité constitue l'un des Objectifs de Développement Durable (OMD 4) des Nations unies à atteindre d'ici 2030, et pour cela, il est indispensable de cibler les infections sévères et le phénomène de la prématurité dans le contexte malgache.

Des suggestions ont été émises à travers les résultats des deux projets afin d’améliorer le système de santé et de limiter les infections néonatales liées à la transmission des bactéries multirésistantes. “Les infections néonatales sont un gros fardeau. Nous suggérons une amélioration de l’hygiène lors de l’accouchement puisqu’il faut remarquer que la plupart des décès surviennent durant la première semaine de vie”, enchaine le responsable.