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14-10-2021 par L'Express de Madagascar

Des malades sortent des hôpitaux, dans un état critique. Leurs familles n’ont pas les moyens de poursuivre les traitements.


Copyright Image : L'Express de Madagascar


Désemparés. La famille de Fidy, qui se trouve dans le coma, décide de ramener le malade chez lui. Ce quinquagénaire devrait être opéré du cerveau, le plus vite possible, mais sa famille refuse l’opération. « Les médicaments, les intrants, les analyses préopératoires et la location du bloc opératoire coûtent dans les 3 000 000 d’ariary. Où allons nous trouver cette somme? », lance un proche du malade. Après quelques jours d’hospitalisation, ce t te famille demande aux médecins de le débrancher pour le ramener à la maison.

Le médecin de garde tente de persuader ses proches de rester et de poursuivre les traitements, sans résultat. « Si Dieu veut qu’il guérisse, il le sera », répond l’un d’eux. Ce cas n’est pas isolé. Plusieurs familles quittent l’hôpital avec le malade non encore rétabli, voire, dans un état critique. « L’état de santé de notre mère ne semble pas s’améliorer. Si nous restons ici, les dépenses vont encore augmenter, alors que nos petites économies sont déjà épuisées. Il ne nous reste presque plus rien », regrette un proche d’une femme qui est inconsciente sur son lit d’hôpital. Cette femme rentrera aussi chez elle, dans cet état. Une autre malade, ramenée par sa famille, est décédée ce week-end, le lendemain de sa sortie.

Le directeur adjoint technique du centre hospitalier universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU JRA ), le Dr Jean Marie Rasamimanana, admet que des familles peuvent quitter l’hôpital avant que l’état du malade soit stable, mais il souligne que cela ne se produit pas souvent. « Nous disposons de fonds d’équité pour les plus démunis », indique-t-il. Dans le CHU Andohatapenaka, les plus démunis sont également bénéficiaires de ce fonds d’équité.

Dans cet hôpital, qui dispose d’une imagerie médicale, si le patient a besoin d’un scanner, et qu’il entre dans les critères des bénéficiaires du fonds d’équité, il passera le scanner, gratuitement. Les traitements couverts par ce fonds d’équité sont toutefois limités. Les analyses, si elles sont effectuées dans un autre établissement que l’hôpital, ne seront pas comprises dans cette prise en charge. Certains médicaments qui coûtent chers, ne sont pas non plus couverts par ce fonds d’équité.

Les soins sont un luxe pour la majorité des familles. Pour une journée de soins dans un hôpital public, le traitement peut coûter aux environs de 80 000 à 100 000 ariary (ndlr: prix des médicaments). Si le malade doit effectuer un scanner, il doit préparer dans les 200 000 ariary. Et le coût des analyses sanguines, qui sont souvent obligatoires, est de 40 000 ariary, au minimum. Ces tarifs sont variables, selon la maladie, le laboratoire d’analyse et l’imagerie médicale. En tout cas, jusqu’à la guérison du malade, les dépenses peuvent s’élever à quelques millions d’ariary.