Poursuites contre d’anciens responsables : Fanirisoa Ernaivo défend une justice fondée sur les faits, non sur la politique
Dans une intervention en direct diffusée ce 3 janvier 2025, la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a défendu l’action de son ministère en affirmant que les poursuites engagées par la République de la Refondation de Madagascar reposent exclusivement sur des infractions pénales et non sur des considérations politiques. Elle est revenue sur plusieurs dossiers judiciaires emblématiques traités au cours de ses deux premiers mois à la tête du département.
Une coopération judiciaire internationale
La ministre de la Justice a notamment évoqué l’affaire impliquant l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga. Selon ses déclarations, 88 comptes bancaires à Madagascar, détenus en son nom ou au nom de sociétés écrans, ont été saisis. À Maurice, 143 comptes supplémentaires ont également fait l’objet de mesures de saisie, sur la base de dossiers transmis par les autorités judiciaires malgaches. Fanirisoa Ernaivo a expliqué que la justice malgache et la justice mauricienne coopèrent étroitement sur ce dossier, Maurice ayant été utilisée comme place de dépôt des fonds, tandis que les infractions à l’origine de ces avoirs auraient été commises à Madagascar. Conformément aux règles applicables en matière de blanchiment d’argent, les plaintes sont déposées dans le pays où les infractions ont été perpétrées, avant transmission des dossiers au pays où les flux financiers ont été dissimulés. Une demande officielle de coopération judiciaire a ainsi été adressée à Maurice.
La ministre a également mis en avant la signature de conventions avec une Agence internationale de lutte contre la corruption regroupant 24 pays, dont Maurice. Ces accords obligent les États membres à fournir des informations sur des comptes bancaires suspectés de dissimulation ou de blanchiment de fonds lorsqu’une procédure pénale est ouverte à Madagascar. Selon Fanirisoa Ernaivo, ces pays sont également tenus de procéder à la saisie des comptes concernés dès lors qu’une action judiciaire est engagée par les autorités malgaches.
Des actions judiciaires pour cause d’infractions
Au cours de sa déclaration, la ministre a confirmé le dépôt d’une plainte à l’Assemblée nationale, en collaboration avec des représentants de la Gen Z, en vue d’une mise en accusation de l’ancien président Andry Rajoelina. Elle a également indiqué que l’ancien Premier ministre Ntsay Christian faisait l’objet d’une plainte, notamment dans le cadre de l’affaire portant sur les 36 kilogrammes d’or remplacés par des objets métalliques, au sein du ministère des Mines. Concernant l’ancien ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, Naina Andriantsitohaina, Fanirisoa Ernaivo a affirmé qu’il figure sur une liste rouge et qu’un avis de recherche international a été émis à son encontre.
La ministre de la Justice a, par ailleurs, annoncé que d’autres noms pourraient être révélés dans les prochains jours, concernant des personnes qui se pensaient protégées de toute poursuite. Elle a tenu à préciser que ces actions judiciaires ne relèvent pas d’une logique de règlement de comptes politiques. Selon Fanirisoa Ernaivo, les procédures engagées reposent exclusivement sur des infractions constatées et poursuivies par la justice. Elle a réaffirmé que les personnes concernées sont appelées à répondre de leurs actes devant la loi, indépendamment de leur position politique ou de leurs responsabilités passées.


