Protection des zones humides : Les communautés définissent les mécanismes de gestion à travers le Dina
À l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, célébrée ce 2 février dans le monde, à Madagascar, les communautés locales mettent en avant le Dina comme mécanisme clé pour protéger durablement mangroves, marais et autres écosystèmes menacés.
Le Dina, socle de la protection communautaire des zones humides
Face à des dangers qui menacent ces zones humides, les communautés locales s’appuient sur le Dina. Une règle coutumière traditionnelle, pour organiser la gestion durable de leurs ressources naturelles. Il s’agit d’une réglementation communautaire élaborée par consensus par les populations locales afin de gérer les ressources naturelles sur leurs territoires. Reconnu par la Loi 2001-004 portant réglementation générale sur les Dina, il doit être homologué par le tribunal territorialement compétent avant son application. Une fois adopté, il fixe des droits et des obligations qui encadrent l’usage des terres, des forêts, des rivières et des zones humides.
Appliqué aux zones humides, le Dina permet de définir des mécanismes de gestion adaptés aux réalités locales : périodes de pêche réglementées, protection des palétuviers, restauration des mangroves ou encore limitation des activités destructrices. « Le Dina incarne une gestion durable et participative des ressources naturelles de Madagascar, en particulier pour les zones humides », explique Appolinaire Razafimahatratra, expert en gestion communautaire au WWF Madagascar, rappelant son ancrage dans le Principe 22 de la Déclaration de Rio.
Un accompagnement technique au service de la gouvernance locale
Si le contenu et l’application du Dina relèvent exclusivement des communautés et du Komity Mpampihatra Dina, le WWF joue un rôle d’appui technique et matériel. L’objectif est de renforcer la gouvernance locale, de former les acteurs clés et de s’assurer que les règles soient comprises, respectées et appliquées de manière équitable.
En conjuguant expertises scientifiques, pratiques locales et savoirs traditionnels, le Dina apparaît ainsi comme un outil stratégique pour protéger durablement les zones humides, préserver la biodiversité et sécuriser les moyens de subsistance des communautés face aux défis climatiques.
En cette Journée mondiale des zones humides, le Dina rappelle que la protection de ces écosystèmes passe avant tout par l’implication active et responsable des communautés locales.


