Cyclones Fytia et Gezani : 174 100 hectares de terres agricoles engloutis, selon une analyse satellite du PNUD
Une nouvelle analyse géospatiale du Programme des Nations Unies pour le développement révèle l’ampleur des dégâts causés par les cyclones Fytia et Gezani à Madagascar. Au total, 174 100 hectares de terres cultivées ont été inondés, frappant en priorité des populations déjà vulnérables et menaçant la sécurité alimentaire du pays.
Des terres cultivées submergées
Les chiffres sont sans appel. D’après l’évaluation réalisée à partir d’images satellites par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), jusqu’à 174 100 hectares de terres cultivées ont été submergés à la suite des passages successifs des cyclones Fytia et Gezani, début février. Dans plusieurs communes de l’Est de Madagascar, plus de 80 % des surfaces agricoles ont été affectées. Dans un pays où près de huit ménages sur dix dépendent totalement ou partiellement de l’agriculture pour se nourrir et générer des revenus, ces pertes constituent un choc majeur pour l’économie rurale.
A titre de rappel, le cyclone Fytia a touché la côte ouest entre le 31 janvier et le 1er février, avant que le cyclone tropical intense Gezani ne frappe à son tour près de Toamasina le 10 février. Les deux phénomènes ont provoqué d’importantes inondations, détruisant habitations, infrastructures et exploitations agricoles. Selon l’analyse, les eaux de crue ont atteint des zones abritant jusqu’à 350 000 personnes. Parmi elles, environ 63 % vivaient déjà sans accès fiable aux services essentiels et dans des conditions précaires avant même le passage des cyclones.
Catastrophe climatique
En croisant les données satellitaires avec des indicateurs socio-économiques, le Programme des Nations Unies pour le développement a pu identifier les zones où les inondations se superposent à une pauvreté préexistante. Cette cartographie met en lumière des dizaines de communes nécessitant une intervention prioritaire. « Pour les familles qui vivaient déjà au jour le jour, ces inondations constituent un point de rupture », souligne le Dr Edward A. Christow, Représentant résident du PNUD à Madagascar. La perte simultanée des maisons, des cultures et des sources de revenus compromet la capacité de milliers de ménages à se relever rapidement. Au-delà des champs inondés, les conséquences se font sentir sur l’ensemble de l’économie locale. Sans électricité, certains petits commerçants peinent à relancer leurs activités.
Le PNUD travaille désormais avec les autorités nationales et locales pour orienter la planification de la reprise. Rétablissement des systèmes d’irrigation, déblaiement des débris, réparation des routes et appui aux petits exploitants figurent parmi les priorités. Sans action rapide et ciblée, préviennent les experts, les inondations provoquées par Fytia et Gezani pourraient transformer une catastrophe climatique en crise alimentaire durable pour les régions les plus vulnérables de Madagascar.




