Développement : Madagascar dresse un plan structurant pour moderniser durablement l’élevage
Face aux enjeux démographiques et économiques, Madagascar engage une réforme majeure du secteur de l’élevage. Le Plan Directeur du Secteur de l’Élevage à Madagascar (PDSEM 2026–2030) a été présenté, hier, 25 février 2026, lors d’un atelier, au Carlton Anosy. L’objectif est de renforcer la production, la résilience et la contribution économique de la filière.
Un secteur stratégique au cœur du développement économique
Avec plus de neuf millions de têtes de bétail recensées sur le territoire national et 36 % des ménages dépendant de l’élevage, la filière constitue un pilier fondamental de l’économie rurale. Dans un contexte marqué par une croissance démographique annuelle de 2,8 %, la modernisation du secteur apparaît comme une nécessité pour répondre à la demande croissante en viande et en produits laitiers, tout en sécurisant les moyens de subsistance des éleveurs.
C’est dans cette optique que le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, MINAE, a organisé l’atelier consacré au PDSEM 2026–2030. La rencontre s’est tenue sous la conduite du ministre Rasatarimanana José Nirina, en collaboration avec l’ILRI, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé ainsi que les organisations paysannes, avec l’appui du FSRP financé par la Banque mondiale.
Des investissements ciblés pour une transformation durable
Le PDSEM ambitionne des résultats concrets et mesurables. Parmi les effets attendus figurent l’augmentation du taux de reproduction des bovins, l’amélioration de la production laitière, la réduction significative de la mortalité avicole et la hausse des revenus des éleveurs d’ovins et de caprins. La santé animale constitue une priorité, avec des campagnes de vaccination prévues dans 70 à 80 % des zones stratégiques.
Le plan prévoit également l’amélioration génétique du cheptel, l’aménagement de 25 000 hectares de cultures fourragères, la construction de 1 500 points d’eau et une meilleure structuration des marchés. À l’horizon 2040, la contribution de la filière élevage au produit intérieur brut devrait être multipliée par sept, confirmant son fort potentiel économique.
Pour le ministre, la modernisation de l’élevage est un levier essentiel pour bâtir une filière rentable, compétitive et durable, capable de soutenir la croissance nationale tout en renforçant la sécurité alimentaire du pays.




