Assises de l’environnement : un déficit de 5 900 agents identifié pour protéger les ressources naturelles
Lancées le 4 mars 2026 au Centre de conférence internationale d’Ivato, les Assises nationales pour l’environnement et le développement durable ont mis en lumière plusieurs défis majeurs du secteur. Parmi les préoccupations soulevées figure le manque d’effectifs chargés de la protection des ressources naturelles. Selon les données présentées, Madagascar pourrait enregistrer un déficit de près de 5 900 agents forestiers et environnementaux d’ici 2030.
D’importants défis environnementaux
La protection de l’environnement à Madagascar souffre d’un déficit important en ressources humaines. Les chiffres présentés lors des Assises nationales pour l’environnement et le développement durable révèlent une situation préoccupante : un seul agent forestier couvre en moyenne près de 30 000 hectares de forêt. Dans certaines zones reculées, un seul responsable de cantonnement doit superviser tout un district. Au total, seulement 311 agents forestiers disposant de pouvoirs de police judiciaire sont recensés actuellement, alors que les besoins sont largement supérieurs.
Face à l’ampleur des défis environnementaux, les autorités estiment qu’un plan exceptionnel de recrutement est nécessaire. Les projections indiquent un déficit de 5 900 agents à combler d’ici 2030 pour assurer une surveillance efficace des forêts et des ressources naturelles. Cette situation intervient alors que Madagascar figure parmi les pays les plus riches en biodiversité au monde. Environ 90 % des espèces présentes sur l’île sont endémiques. Mais ce patrimoine naturel subit une dégradation progressive. La surface forestière, estimée à près de 17 millions d’hectares en 1960, a diminué pour atteindre environ 11 millions d’hectares en 2020.
Des pressions qui pèse sur la faune et la flore
Plusieurs facteurs expliquent cette perte : la culture sur brûlis, les feux de brousse, la production de charbon de bois, qui représente encore près de 80 % de l’énergie utilisée pour la cuisson, ou encore l’exploitation abusive des ressources forestières. Par ailleurs, les trafics d’espèces protégées constituent une menace persistante. Entre 2018 et 2025, plus de 27 000 tortues terrestres ont été saisies par les autorités, ainsi que plusieurs milliers de plantes succulentes et des quantités importantes de bois précieux comme le palissandre et l’ébène. Ces chiffres illustrent la pression constante qui pèse sur la faune et la flore malgaches, alors que les moyens de contrôle restent limités.
Malgré ces défis, Madagascar s’est engagé sur plusieurs objectifs environnementaux. Le pays prévoit notamment de restaurer 4 millions d’hectares de terres dégradées d’ici 2030, dont environ 1,5 million d’hectares sont déjà en cours de restauration. Par ailleurs, la superficie des aires protégées a fortement progressé, passant d’environ 1,7 million d’hectares en 2000 à un objectif de 10,4 millions d’hectares en 2026, soit près de 17 % du territoire national.
Meilleure gestion des ressources naturelles
Les Assises nationales visent à élaborer des réformes pour améliorer la gouvernance environnementale. Douze thématiques prioritaires sont au cœur des discussions, allant de la lutte contre la corruption à la transition écologique, en passant par la gestion des ressources naturelles et le renforcement du contrôle environnemental.
Le processus devrait aboutir à un plan opérationnel de mise en œuvre des réformes d’ici la fin du mois d’avril 2026. Parmi les mesures attendues figure notamment le renforcement des effectifs et des moyens du secteur environnemental, qui ne reçoit actuellement que moins de 2 % du budget national. Pour les acteurs réunis à Ivato, la protection du patrimoine naturel malgache ne pourra être efficace sans un investissement massif dans les ressources humaines chargées de le préserver.




