Cinéma : Kuro Hime prépare son premier tournage avec une équipe
La réalisatrice Kuro Hime s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa carrière avec « La Petite Maison Blanche ». Habituée aux créations solitaires et expérimentales, elle se lance cette fois dans la réalisation d’un court-métrage de fiction entourée d’une véritable équipe de tournage.
Un passage vers un tournage collectif
Pour Kuro Hime, « La Petite Maison Blanche » représente un changement important dans sa manière de travailler. Jusqu’ici, la cinéaste privilégiait des formats modestes : animaûtion artisanale, documentaire expérimental ou projets réalisés avec très peu de collaborateurs. Cette fois, elle va diriger un tournage avec plusieurs techniciens et des comédiens. Une expérience qui la réjouit particulièrement. « Les films que j’ai réalisés jusqu’à présent, je les ai souvent faits seule ou avec deux ou trois personnes. Pour celui-ci, il faudra une vraie équipe et des acteurs. C’est ce qui me motive le plus », explique-t-elle. La réalisatrice se dit impatiente de découvrir cette dynamique collective et de travailler dans un cadre plus structuré. Connue aussi sous le nom de Kuro Mi, l’artiste s’est formée de manière autodidacte. Elle explore différents domaines : écriture, illustration, animation et documentaire. Étudiante en lettres dans le département anglophone, elle collabore régulièrement avec des réalisateurs, poètes et musiciens. Ses œuvres se distinguent par des couleurs sobres et une approche très introspective, souvent inspirée de souvenirs personnels.
Une histoire d’enfance et de transformation
Le court-métrage suit le regard d’un petit garçon qui grandit dans un village rural qu’il n’a jamais quitté. Son quotidien se déroule parmi les maisons en argile rouge couvertes de toits de paille, aux couleurs naturelles qui composent son paysage familier. Cet équilibre visuel change brusquement lorsque son père lance la construction d’une petite épicerie. Le bâtiment, carré et peint de couleurs vives, contraste fortement avec les habitations traditionnelles. Pour l’enfant, cette apparition inattendue crée un malaise profond. Peu à peu pourtant, il apprendra à accepter cette nouvelle présence, qui symbolise aussi l’arrivée du changement dans son village. Le projet figure parmi ceux retenus par MadafilmLab. La fiction Peratra, portée par Nandrianina Ramaroson, fait également partie des œuvres sélectionnées et sera développée avec le soutien de Hetsika Nantes.
Pour l’édition 2026, quinze propositions ont été soumises au programme. Cinq ont finalement été choisies pour participer à un atelier organisé en janvier afin d’améliorer les aspects artistiques et techniques des projets. Les organisateurs souhaitent désormais renforcer les soutiens afin que davantage de films malgaches puissent voir le jour dans les prochaines années.




