CENI : la société civile appelle à une refondation totale de l’organe électoral
Dans une déclaration datée du 17 mars 2026, 81 organisations de la société civile malgache rejettent toute recomposition partielle de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Elles plaident pour la création d’une nouvelle structure, indépendante et crédible, afin d’organiser les prochaines échéances électorales.
Une remise en cause de la crédibilité de la CENI
La société civile malgache refuse de participer au remplacement des membres actuels de la Commission Électorale Nationale Indépendante. Dans leur déclaration, les signataires indiquent vouloir concentrer leurs efforts sur une réforme globale du système électoral, considérée comme un levier essentiel de renouveau institutionnel. Cette position traduit une volonté de rompre avec les ajustements ponctuels au profit d’une transformation en profondeur. Au cœur de cette prise de position figure une critique directe de la structure actuelle de la CENI. Les organisations estiment que ni son architecture ni sa composition humaine ne permettent de garantir la transparence et la fiabilité du processus électoral.
Elles jugent que, dans son état actuel, l’institution ne peut pas piloter les réformes nécessaires, ni inspirer la confiance des citoyens et des acteurs politiques. Les signataires prennent acte de la reconnaissance, par les commissaires en poste, de leurs limites dans la conduite du processus de réforme. Ils considèrent que la poursuite de leur mission constituerait un usage inefficace des ressources publiques. Par ailleurs, la nomination récente du président de la CENI suscite des interrogations. La société civile évoque une désignation rapide et questionne sa capacité à garantir une gestion impartiale et rigoureuse de la réforme électorale.
Transparence électorale et gouvernance démocratique
Dans ce contexte, les organisations rejettent explicitement toute initiative visant à remplacer uniquement les membres du bureau permanent. Une telle démarche est jugée non prioritaire et inadaptée aux enjeux actuels. Pour les signataires, procéder à un simple renouvellement des commissaires reviendrait à prolonger les dysfonctionnements existants, sans répondre aux attentes de réforme structurelle. En alternative, la société civile propose la suppression du bureau permanent de la CENI. Elle recommande que les services techniques assurent un fonctionnement minimal de l’institution, limité aux tâches essentielles, en attendant la mise en place d’un nouvel organe électoral. Les organisations signataires se déclarent prêtes à s’engager aux côtés des autorités dans la conduite de la réforme. Elles proposent de participer à la coordination d’un dialogue impliquant les partis politiques et les différents acteurs concernés. L’objectif est de définir de nouvelles règles, d’élaborer des lois adaptées et de mettre en place une institution électorale véritablement indépendante et crédible.
La déclaration est portée par 81 organisations, issues de divers secteurs de la société civile. Les signataires appellent les autorités, notamment le Président de la Réforme et le Premier ministre, à privilégier une refondation complète de l’organe électoral. Ils estiment que seule la création d’une « nouvelle » structure permettra de restaurer la confiance et d’assurer l’organisation d’élections crédibles à Madagascar.




