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Nationale

Lutte contre la pauvreté : Fondation AXIAN et Les Entretiens lancent le Fonds Tohana au service des OSC

30/04/2026 17:06 © Moov.Mg

La deuxième édition de la Journée « Se Lever et Combattre la/sa Pauvreté », co-organisée par la Fondation AXIAN et Les Entretiens, s’est tenue à l’université Akamasoa d’Ambohimahitsy, à Antananarivo. Placé sous le signe de l’action concrète contre l’extrême pauvreté, l’événement a surtout marqué le lancement officiel du Fonds Tohana, un mécanisme destiné à financer directement les organisations de la société civile malgache engagées sur le terrain.

Dans l’enceinte d’Akamasoa, haut lieu symbolique du combat contre l’exclusion sociale mené depuis 37 ans par le Père Pedro Opéka, la deuxième édition des Journées « Se Lever et Combattre la/sa Pauvreté » a réuni acteurs humanitaires, partenaires techniques et financiers, diplomates, associations et organisations de la société civile (OSC). Au cœur des échanges : le lancement du Fonds Tohana, un dispositif pensé pour soutenir les microprojets portés par les OSC locales. Le mot « Tohana », qui signifie « soutien » en malgache, résume l’ambition de cette initiative : donner davantage de moyens aux acteurs de terrain afin de renforcer l’impact de la lutte contre la pauvreté à Madagascar.

L’événement a été co-organisé par la Fondation AXIAN et Les Entretiens, en présence notamment de l’ambassadeur de France à Madagascar, Arnaud Guillois, du président-fondateur des Entretiens, Jérôme Chartier, du président de la Fondation AXIAN, Hassanein Hiridjee, ainsi que du directeur général Monde d’ACTED, Frédéric de Saint Sernin.

Rapprocher les bailleurs des réalités du terrain

Les organisateurs ont expliqué que cette journée avait pour objectif de rapprocher les bailleurs des réalités du terrain, tout en valorisant les initiatives locales capables d’apporter des solutions concrètes dans les domaines de la santé, de la nutrition, de l’éducation ou encore de l’autonomisation des femmes. « L’année dernière, c’était le début d’un mouvement. Aujourd’hui, on monte d’un cran », a déclaré Mialisoa Andrianasolo, Directrice Exécutive de la Fondation Axian, lors de l’ouverture de la rencontre, soulignant la volonté d’élargir progressivement cette dynamique afin d’« impacter au plus près la population et la communauté ».

Pour Jérôme Chartier, cette approche part d’un constat simple : les petites organisations locales sont souvent les plus proches des populations vulnérables, mais aussi les moins financées. « La véritable action de terrain était celle des micro-ONG ou des organisations de la société civile, vraiment de territoire, de très petite échelle, et qui incontestablement changeaient les choses », a-t-il affirmé. Le président-fondateur des Entretiens a insisté sur la nécessité de créer des passerelles entre les grandes institutions internationales et les initiatives locales. Selon lui, Madagascar pourrait devenir un modèle exportable vers d’autres pays. « Il faut montrer qu’il y a un modèle très simple qui a démarré ici, spécialement à Akamasoa, à Madagascar », a-t-il soutenu.

Lancement du fonds Tohana

Le Fonds Tohana a déjà suscité un fort intérêt auprès des organisations de la société civile. Au total, 115 OSC ont été contactées au lancement de l’initiative. Parmi elles, 46 ont répondu à l’appel à manifestation d’intérêt et 24 ont été retenues pour une deuxième phase comprenant des visites de terrain réalisées par les organisateurs. Les projets ont été évalués selon plusieurs critères : pertinence, viabilité budgétaire, expérience de l’organisation, impact attendu, stratégie de sortie et cohérence avec les thématiques prioritaires retenues. La dernière étape de sélection consistait, ce jeudi, en un exercice de présentation des projets devant un jury. Les organisateurs ont toutefois tenu à rassurer les candidats non retenus pour cette session. « Le Fonds Tohana continue. Ce n’est pas un fonds qui ferme ses portes ce soir », ont-ils affirmé, promettant de continuer à défendre les projets auprès de futurs partenaires financiers.

Un financement transparent

L’un des engagements majeurs mis en avant lors de cette journée concerne la transparence du financement. Hassanein Hiridjee a assuré que l’intégralité des sommes collectées serait reversée aux organisations bénéficiaires. « Il n’y a pas d’évaporation. 100 % des fonds iront directement aux OSC », a insisté le président de la Fondation AXIAN, saluant au passage les partenaires ayant contribué bénévolement au projet. Parmi les contributeurs du Fonds Tohana figurent notamment le Groupe Axian, Yas Madagascar, MVola, Star et SOWEN Group. Hassanein Hiridjee a également appelé les associations bénéficiaires à faire preuve de responsabilité dans l’utilisation des financements. « Vous avez une très grande responsabilité », a-t-il averti, tout en promettant de poursuivre la mobilisation internationale pour trouver de nouveaux soutiens financiers au profit des OSC malgaches.

« La pauvreté se combat sur le terrain »

Le choix d’Akamasoa pour accueillir cette rencontre n’est pas anodin. Dans un discours particulièrement applaudi, le Père Pedro Opéka a rappelé que la pauvreté ne pouvait être combattue uniquement à travers des statistiques ou des politiques éloignées des réalités quotidiennes. « La pauvreté se combat sur le terrain, avec les gens, au milieu des gens », a-t-il déclaré. Pour le fondateur d’Akamasoa, le développement doit se construire « main dans la main » avec les populations concernées. Le religieux a également insisté sur le rôle central de l’éducation dans la lutte contre l’exclusion. « Sortir un enfant de la rue, c’est changer une vie. L’éduquer, c’est changer un pays », a-t-il lancé devant les participants.

Même tonalité du côté de l’ambassadeur de France à Madagascar, Arnaud Guillois, qui a rappelé que « l’impact » devait rester au centre des actions engagées. « Ce n’est qu’un début. Continuons le combat », a-t-il conclu. À travers le Fonds Tohana, les organisateurs espèrent désormais inscrire cette mobilisation dans la durée et bâtir un réseau capable de renforcer durablement les capacités des organisations de terrain, considérées comme les premiers remparts contre la pauvreté à Madagascar.

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