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Sud de Madagascar : 8,9 millions USD nécessaires pour contenir durablement les criquets

18/05/2026 15:23 © Moov.Mg

Malgré des résultats encourageants enregistrés depuis 2025, la FAO estime que la menace acridienne reste élevée dans les régions du Sud et du Sud-Ouest de Madagascar. L’organisation onusienne appelle à mobiliser 8,9 millions USD afin de financer les deux dernières campagnes du programme quadriennal de lutte antiacridienne prévu jusqu’en 2028. Un investissement présenté comme indispensable pour éviter une nouvelle crise alimentaire dans les zones rurales déjà fragilisées.

Une bataille encore loin d’être terminée

Dans les plaines agricoles du Sud malgache, les essaims de criquets migrateurs continuent de représenter une menace sérieuse pour les cultures et les moyens de subsistance des ménages ruraux. Depuis janvier 2025, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en collaboration avec le ministère de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire et le Centre de lutte antiacridienne de Madagascar, mène une vaste opération de lutte destinée à contenir durablement l’invasion acridienne. Ce programme d’urgence, planifié sur quatre années entre 2024 et 2028, cible principalement les régions agricoles du Sud et du Sud-Ouest, où les populations dépendent fortement de la production vivrière. Deux campagnes de lutte ont déjà été engagées : la première entre janvier et juillet 2025, puis une seconde lancée en novembre 2025 et qui doit s’achever en juillet 2026.

Selon la FAO, les premiers résultats sont encourageants. Les zones infestées diminuent progressivement et l’extension géographique de la crise semble mieux maîtrisée. Mais les spécialistes mettent en garde contre tout relâchement. Le criquet migrateur malgache reste un ravageur extrêmement imprévisible, capable de se reproduire rapidement lorsque les conditions climatiques deviennent favorables.

Un appel urgent aux bailleurs de fonds

Face à cette situation, la FAO lance un nouvel appel à l’aide financière internationale. L’organisation réclame 8,9 millions USD pour financer les deux dernières phases du programme quadriennal et ramener définitivement la situation à un niveau de rémission durable. Une partie importante de cette somme, soit 5,5 millions USD, devra être mobilisée avant juin 2026. Ce financement est jugé indispensable pour préparer la prochaine campagne de lutte 2026-2027 avant le retour des pluies prévues à partir d’octobre, période propice à la prolifération des criquets. Les 3,4 millions USD restants serviront à financer la campagne 2027-2028, considérée comme la phase finale du programme.

Le programme bénéficie déjà de plusieurs soutiens internationaux, notamment de la Banque mondiale, du Fonds central d’intervention d’urgence, du gouvernement norvégien et du Programme alimentaire mondial. Ces partenaires ont permis de mobiliser 11,9 millions USD. Malgré cela, près de 43 % des besoins financiers restent encore non couverts.

Des opérations de grande ampleur sur le terrain

Depuis le lancement de la riposte, les équipes déployées dans les zones infestées ont traité plus de 448 000 hectares par voie aérienne et plus de 86 000 hectares par voie terrestre. Ces opérations ont permis de protéger les moyens d’existence de près de 420 000 personnes vivant dans les zones agricoles exposées à l’invasion acridienne. La lutte ne repose pas uniquement sur les traitements phytosanitaires. Les autorités malgaches et la FAO ont également renforcé les capacités techniques nationales. Environ 80 agents et techniciens du Centre de lutte antiacridienne ont été formés aux techniques de pulvérisation et à la gestion des pesticides utilisés dans les opérations de terrain.

Des systèmes de surveillance aérienne et terrestre ont aussi été renforcés afin de suivre l’évolution des populations acridiennes, cartographier les zones à risque et coordonner les interventions avec les partenaires techniques et financiers. Au-delà des dégâts causés aux cultures, l’invasion acridienne accentue la vulnérabilité alimentaire dans le Grand Sud. La FAO estime actuellement à 1,8 million le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë dans les régions concernées, tandis que 1,5 million d’autres restent exposées au risque acridien. Pour la FAO, l’objectif est désormais d’éviter une nouvelle flambée acridienne qui pourrait anéantir les progrès réalisés et provoquer une aggravation durable de la crise alimentaire dans le Sud de Madagascar.

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