Gastronomie : Le chef Loris Solondraza rejoint une brigade étoilée en France
Le jeune chef malgache Loris Solondraza poursuit son parcours en intégrant la cuisine du Prieuré Saint-Jean de Bébian à Pézenas. Une immersion prévue sur plusieurs semaines aux côtés du chef Matthieu de Lauzun.
Un parcours qui quitte temporairement Madagascar pour les cuisines françaises. Loris Solondraza a rejoint depuis la semaine du 19 mai la brigade du Prieuré Saint-Jean de Bébian à Pézenas, établissement mené par le chef Matthieu de Lauzun. L’expérience s’étendra jusqu’à la semaine du 20 juin. Elle s’inscrit dans un projet construit depuis près de deux ans, pensé comme une immersion professionnelle dans une cuisine gastronomique de haut niveau.
Originaire d’Ambanja, dans la région Boeny, le jeune chef a d’abord suivi un parcours académique dans le tourisme et l’hôtellerie à Antananarivo. Il s’est ensuite forgé une identité culinaire au sein d’un projet de reforestation "La Forêt retrouvée" en milieu rural, où il a développé une cuisine basée sur les produits locaux, les circuits courts et une forte adaptation aux ressources disponibles. Dans cet environnement, la cuisine se construit au jour le jour, en fonction des saisons et des récoltes, avec une approche qui privilégie les échanges avec les producteurs et l’autonomie alimentaire.
Un échange entre deux cuisines
Le projet ne se limite pas à la France. Une seconde phase prévoit également la venue du chef français à Madagascar, dans la région Boeny, afin de découvrir une cuisine en milieu rural. Sur place, il devra composer avec des contraintes différentes : cuisson solaire, biodigesteurs, production locale et organisation entièrement dépendante des ressources du territoire. Les deux chefs envisagent aussi l’organisation d’ateliers communs autour de la cuisine en milieu isolé, avec l’idée de transmettre des méthodes adaptées à des contextes très différents. Un projet audiovisuel doit également retracer cette expérience croisée entre Pézenas et Madagascar, en mettant en avant les réalités de terrain, mais aussi les enjeux sociaux liés à l’alimentation, à l’agroforesterie et au développement local. Pour les initiateurs, cette collaboration reflète une forme de rencontre entre deux approches de la cuisine : l’une ancrée dans la gastronomie étoilée, l’autre dans les réalités rurales et les ressources locales.




