Urbanisation - Andohan’Ilakaka dépasse le cadre minier
Une étude présentée à l’Université d’Antananarivo montre comment la ruée vers le saphir a transformé la ville d’Andohan’Ilakaka.
Une ville transformée par le saphir
L’expansion rapide de la ville d’Andohan’Ilakaka a occupé une place importante lors d’un colloque international organisé mercredi à l’Université d’Antananarivo. Cette présentation du géographe Avisoatolona Andrianarivo s’inscrivait dans la conférence intitulée « Crises contemporaines, subjectivité et dynamique sociale ». Le chercheur s’est penché sur l’évolution d’Andohan’Ilakaka depuis la découverte d’un important filon de saphir en octobre 1998. Avant cette période, la localité ressemblait à un petit hameau comptant seulement quelques dizaines de toits. Son emprise urbaine ne dépassait pas 0,5 km². La ruée vers le saphir a ensuite profondément modifié le paysage du sud-ouest malgache.
Pour analyser cette transformation, le géographe a utilisé des images satellitaires Landsat prises en 1990, 2000 et 2015. Ces données lui ont permis de suivre l’évolution des surfaces urbanisées autour d’Andohan’Ilakaka et de mesurer l’extension progressive de la ville. Les résultats montrent une croissance particulièrement rapide après la découverte du saphir. En 2000, soit deux ans après le début de l’exploitation minière, la surface urbanisée atteignait déjà 2,5 km². En quelques années seulement, l’espace urbain s’est multiplié par cinq. En 2015, l’urbanisation poursuivait encore son expansion avec une superficie dépassant les 3,4 km².
Des pressions sur les espaces naturels
Selon le chercheur, cette dynamique dépasse désormais le simple cadre de l’activité minière. Malgré l’épuisement progressif des ressources en saphir, la ville continue de s’étendre. Les zones périphériques connaissent une artificialisation croissante tandis que les espaces naturels subissent une fragmentation de plus en plus importante. Cette évolution entraîne aussi des tensions environnementales. Une partie de l’urbanisation progresse vers les zones proches du parc national de l’Isalo, reconnu pour sa richesse écologique et son importance touristique. Le parc attire chaque année de nombreux visiteurs grâce à ses paysages rocheux, sa forêt de tapia et ses sites naturels emblématiques.
Pour le chercheur, cette situation soulève plusieurs interrogations sur l’avenir de la ville. L’urbanisation rapide, l’exploitation minière et la préservation des espaces naturels créent aujourd’hui de nombreuses tensions dans la région.




