GOUVERNANCE : Haja Lalao Razanamanana à la tete de la SAMIFIN
Le Service de Renseignements Financiers change de visage. Haja Lalao Razanamanana a pris ses fonctions à la tête de l’organisme chargé de surveiller les flux financiers suspects, dans un contexte où Madagascar cherche à renforcer son dispositif contre le blanchiment d’argent.
Une nouvelle responsable aux commandes
Le relais est désormais passé. Après le départ de Mamitiana Rajaonarison vers Mahazoarivo, Haja Lalao Razanamanana assure la direction générale par intérim du Service de Renseignements Financiers (SAMIFIN). Connue dans le milieu universitaire, elle enseigne à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université d’Antananarivo où elle a obtenu un doctorat en anthropologie sociale et culturelle. Son arrivée à la tête du SAMIFIN marque une nouvelle étape pour cette institution qui occupe une place stratégique dans la surveillance des mouvements financiers douteux. Lors de la cérémonie de passation de service, la nouvelle directrice générale a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts engagés dans la lutte contre la corruption et les opérations de blanchiment de capitaux. Un chantier qui reste particulièrement sensible dans la Grande Île.
Des milliards d’ariary dans le viseur
La mission qui attend la nouvelle dirigeante s’annonce complexe. Les chiffres publiés par le SAMIFIN témoignent de l’ampleur du phénomène. Pour la seule année 2024, près de 1 500 milliards d’ariary de flux financiers illicites ont été recensés à travers les enquêtes et signalements traités par l’organisme. Face à cette réalité, les autorités ont progressivement renforcé les textes encadrant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Les contrôles se concentrent désormais davantage sur l’identification des bénéficiaires réels des entreprises ainsi que sur les structures utilisées pour masquer certaines transactions. Cette mobilisation intervient alors que Madagascar est attendue sur un autre terrain : celui de l’évaluation du Groupe d’action financière (GAFI). L’examen, particulièrement scruté par les partenaires économiques et financiers, permettra de mesurer l’efficacité des réformes engagées ces dernières années. Pour Haja Lalao Razanamanana, les prochains mois seront donc décisifs. Entre renforcement des contrôles et amélioration des mécanismes de détection, le SAMIFIN devra convaincre que le pays dispose des moyens nécessaires pour freiner les circuits financiers clandestins.




