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Economie

Investissements en faveur de l’enfant : les secteurs sociaux restent limités à 27 % du budget national de Madagascar

13/07/2026 17:04 © Moov.Mg

Le budget général de l’État malgache atteint 15 784 milliards d’ariary en 2026, en hausse de 9,5 % par rapport à 2025. Mais cette progression ne suffit pas encore à répondre à l’ampleur des besoins des enfants.

Selon l’analyse du budget national axée sur l’enfant publiée par l’UNICEF en ce mois de juillet 2026, les secteurs sociaux n’ont représenté que 27 % du budget de l’État en moyenne entre 2023 et 2026. L’organisation appelle à renforcer et sécuriser les financements destinés à l’éducation, à la santé, à la protection sociale et à l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

Des ressources insuffisantes face aux besoins

Madagascar dispose de davantage de ressources publiques en 2026. Le budget général de l’État s’élève à 15 784 milliards d’ariary, contre 14 416 milliards en 2025. Cette hausse de 9,5 % traduit une amélioration de la mobilisation des ressources financières, aussi bien nationales qu’extérieures. Mais derrière cette progression, les défis restent importants. L’UNICEF rappelle que la demande en services publics essentiels continue d’augmenter, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la nutrition, de la protection de l’enfant et de l’accès à l’eau potable. Entre 2022 et 2026, le poids du budget de l’État dans l’économie nationale est passé de 13 % à 16 % du PIB. Toutefois, cette évolution reste insuffisante face aux besoins d’une population en croissance rapide.

Entre 2023 et 2026, les secteurs sociaux ont représenté en moyenne 27 % du budget national. L’éducation arrive en tête avec 18 % des crédits budgétaires, suivie par la santé avec 6 %. L’eau, l’assainissement et l’hygiène (EAH), ainsi que la protection sociale, bénéficient chacun d’environ 3 %. Cette répartition confirme l’importance accordée aux secteurs essentiels au développement de l’enfant. Toutefois, l’UNICEF souligne que les ressources restent encore insuffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins.

L’inflation reste élevée

Le cas du secteur de l’EAH constitue notamment un point d’attention. En 2026, le budget du ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène diminue de 21 % par rapport à 2025. Une baisse qui intervient alors que l’accès aux services d’eau et d’assainissement demeure un défi majeur dans plusieurs régions du pays.

L’économie malgache poursuit sa progression, mais ses effets restent peu visibles pour de nombreux ménages. Après une croissance estimée à 4,4 % en 2024 et 4,6 % en 2025, les prévisions tablent sur un taux de 3,8 % en 2026. Dans le même temps, l’inflation reste élevée, même si elle ralentit progressivement. Elle est passée de 10 % en 2023 et devrait atteindre environ 7 % en 2026. Cette situation limite les bénéfices de la croissance économique sur le niveau de vie des familles. Le PIB par habitant est estimé à 453 dollars en 2024, avec une progression annuelle limitée à environ 2 % depuis quatre ans. Selon l’UNICEF, cette situation s’explique notamment par la pression démographique et la concentration des activités économiques à forte valeur ajoutée dans les zones urbaines.

Dépendance à l’aide extérieure

Autre enjeu soulevé par l’analyse : la dépendance aux financements extérieurs. En 2026, les ressources provenant des partenaires internationaux représentent encore 76 % des budgets consacrés à l’éducation, à la santé, à la nutrition et à la protection sociale. Même si cette proportion est en baisse par rapport aux 81 % enregistrés en 2025, cette dépendance fragilise la continuité des services essentiels destinés aux enfants. L’UNICEF recommande ainsi une augmentation progressive des financements domestiques sur la période 2026-2028 afin de garantir des interventions plus durables.

Au-delà du volume des budgets votés, l’efficacité des dépenses publiques reste un défi. En 2024, seulement 61 % des investissements prévus ont été effectivement réalisés. Plus de 35 % des crédits programmés n’ont donc pas été exécutés. Pour l’UNICEF, améliorer la planification, le suivi et le contrôle budgétaire constitue une priorité afin que les engagements financiers se traduisent concrètement par des services accessibles aux enfants. L’organisation propose notamment un mécanisme de suivi trimestriel de l’exécution des investissements sociaux associant le ministère de l’Économie et des Finances et les ministères concernés.

Les communes, en manque de moyens

L’analyse met également en lumière la forte centralisation du budget de l’État. En 2026, les communes reçoivent moins de 1 % du budget national, alors qu’elles jouent un rôle essentiel dans la fourniture de services de proximité : écoles primaires publiques, centres de santé de base ou encore état civil. Pour améliorer l’accès des enfants aux services essentiels, l’UNICEF recommande d’augmenter progressivement les transferts financiers vers les collectivités locales.

À travers cette analyse, l’organisation rappelle que l’augmentation du budget national doit s’accompagner d’une meilleure orientation des ressources vers les secteurs qui influencent directement l’avenir des enfants. À Madagascar, le défi n’est donc pas seulement de disposer de plus de moyens, mais aussi de garantir que ces investissements atteignent efficacement les populations qui en ont le plus besoin.

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