Énergie - L’expérience turque intéresse Madagascar
Les coupures d’électricité se multiplient à Madagascar. Le pays veut s’inspirer de l’expérience turque pour diversifier ses sources d’énergie et moderniser ses infrastructures.
Renforcement des partenariats
Seulement 36 % de la population dispose d’un accès fiable à l’électricité à Madagascar, selon les estimations de la Banque mondiale. Les coupures se multiplient à Antananarivo et dans plusieurs régions. Cette situation montre les difficultés persistantes de la JIRAMA. Elles concernent notamment les problèmes financiers, les infrastructures vieillissantes et les importantes pertes techniques et commerciales. La production thermique occupe encore une place importante dans le système électrique national. « Cette dépendance alourdit les coûts de production, notamment avec la hausse des prix des carburants et les difficultés d’approvisionnement » selon les autorités. La diversification des sources d’énergie apparaît ainsi comme une priorité pour améliorer la fourniture d’électricité.
Dans ce contexte, Madagascar cherche à renforcer ses partenariats dans le secteur énergétique. Le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Rabearimanga Radonirina Lucas, a reçu le 11 août à Ampandrianomby l’ambassadrice de Türkiye à Madagascar, Halime Ebru Demircan. Les échanges ont porté sur la coopération entre les deux pays dans les domaines de l’énergie et des hydrocarbures. Pour l’électricité, les discussions ont notamment concerné la production et les équipements techniques. Les deux parties ont également évoqué la préparation d’une prochaine mission en Türkiye.
Un modèle à explorer
L’expérience turque dans les énergies renouvelables pourrait notamment intéresser Madagascar. Fin juin 2026, la Türkiye comptait 126 113 MW de capacité électrique installée. L’hydraulique représentait 25,6 % du total, devant le solaire avec 21,6 % et l’éolien avec 12,1 %. Ankara poursuit parallèlement le développement de ses infrastructures électriques et vise 120 GW de capacités solaire et éolienne d’ici 2035. « Cette orientation offre des pistes de réflexion pour Madagascar, qui cherche à réduire sa dépendance à la production thermique et à renforcer son mix énergétique » souligne un expert.
La coopération porte également sur les hydrocarbures. Les discussions ont abordé la construction et le développement d’infrastructures de stockage de produits pétroliers, notamment les installations de réception des produits importés et les dépôts de carburant.




