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Fièvre de la vallée du Rift : les négociants en bétail d’Alaotra Mangoro encore peu informés des risques

19/08/2026 08:38 © Moov.Mg

À Alaotra Mangoro, les négociants en bétail restent largement exposés aux risques liés à la fièvre de la vallée du Rift (FVR). Une étude publiée le 17 août révèle d’importantes lacunes dans leurs connaissances et leurs pratiques, alors que le commerce du bétail peut favoriser la propagation de cette maladie entre différentes zones.

Une maladie encore méconnue

La fièvre de la vallée du Rift (FVR) est une maladie virale qui touche les animaux et peut également atteindre l’être humain. À Madagascar, elle est considérée comme endémique et représente un enjeu à la fois sanitaire, économique et vétérinaire. Pour la première fois, une étude s’est intéressée spécifiquement aux négociants en bétail de la région d’Alaotra Mangoro, considérés comme des acteurs importants dans les mouvements d’animaux sur de longues distances. Les chercheurs ont interrogé ces professionnels afin d’évaluer leurs connaissances, leurs attitudes et leurs pratiques face à la FVR.

Le constat est préoccupant : seuls 18,5 % des personnes interrogées avaient déjà entendu parler de la maladie. Les écarts sont toutefois importants selon les zones. À Anosibe An’Ala, aucun des participants interrogés ne connaissait la FVR, tandis que cette proportion atteignait 51,6 % à Moramanga.

Des risques mal compris

Les sources d’information restent limitées. Les vétérinaires arrivent en tête (15,5 %), devant la famille (12,8 %), la radio (9,6 %) et les voisins (9,6 %). La compréhension des modes de transmission, notamment par les piqûres de moustiques infectés, demeure faible. Cette méconnaissance s’accompagne d’une faible perception du risque. Seuls 53,4 % des négociants considèrent la FVR comme une maladie réelle, tandis que les attitudes réellement proactives ne concernent que 21,4 % des personnes interrogées. Le niveau d’éducation et l’âge semblent jouer un rôle. Les personnes ayant un niveau d’éducation plus élevé et celles âgées de 50 à 60 ans présentent de meilleures connaissances sur la maladie. La confiance dans la vaccination des animaux est, elle, relativement élevée, avec 60 % d’avis favorables.

Les pratiques observées constituent le principal point d’alerte. 95 % des négociants déclarent ne pas porter de protection lorsqu’ils manipulent des animaux malades. La plupart ne prennent pas non plus suffisamment de précautions face aux fœtus issus d’avortements chez les animaux. Plus préoccupant encore, 49,5 % reconnaissent avoir déjà vendu ou acheté du bétail malade. Par ailleurs, moins de la moitié (48 %) se disent prêts à signaler la présence d’animaux morts ou malades.

Approche « One Health » préconisée

Cependant, certaines habitudes sont bien ancrées : 95 % déclarent bien cuire la viande et 74 % utilisent des moustiquaires. Mais la prévention spécifique contre la FVR reste très faible : seuls 5 % ont participé à des campagnes de sensibilisation.

Toutefois, l’éloignement constitue un obstacle. 58 % des personnes interrogées vivent à plus de cinq kilomètres d’un service vétérinaire, tandis que le coût des consultations est le principal frein cité. Pour les chercheurs, ces résultats montrent que les lacunes en matière de connaissances, d’attitudes et de pratiques peuvent contribuer au maintien et à la propagation de la FVR dans cette région endémique. Ils préconisent ainsi une approche « One Health », associant santé humaine, santé animale et environnement, afin de renforcer la prévention, la surveillance et le contrôle de cette zoonose à Madagascar.

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