Suspension des taxes sur le riz : pas d’importation massive, assure le ministère du Commerce
La suspension temporaire des droits de douane et des taxes sur le riz importé ne signifie pas une ouverture sans contrôle des importations, assure le ministère du Commerce et de la Consommation de Madagascar. Cependant, cette mesure a dû être prise pour faire face à l’approche de la période de soudure et à une production locale insuffisante pour couvrir les besoins.
Pas d’importation « anarchique »
Réuni le mercredi 19 août 2026, le Conseil des ministres a décidé de suspendre temporairement la perception des droits de douane et des taxes sur l’importation de riz. Cette mesure vise à pallier l’insuffisance de la production nationale, qui ne permet pas encore de couvrir l’ensemble des besoins de consommation. Ainsi, Madagascar doit continuer à recourir aux importations pour combler ce déficit, particulièrement à l’approche de la période de soudure, attendue dans environ un mois. L’objectif de l’allègement fiscal est ainsi de faciliter l’approvisionnement du marché.
La ministre du Commerce et de la Consommation, Haingotiana Andriamadison, tient toutefois à rassurer les producteurs et les consommateurs : les dispositions destinées à prévenir les importations excessives restent maintenues. Depuis mars 2026, les opérateurs professionnels qui souhaitent importer du riz doivent obligatoirement communiquer à l’avance leurs prévisions au ministère du Commerce. L’administration examine ensuite les demandes et peut les approuver, mais aussi limiter les quantités envisagées si nécessaire. Ce dispositif doit permettre d’éviter une importation désordonnée ou trop importante, susceptible de perturber le marché local. « Il n’y aura pas d’importation anarchique de riz », a assuré la ministre.
Réduction progressive de la dépendance aux importations
La décision intervient dans un contexte où les producteurs de riz avaient exprimé leurs inquiétudes, notamment après la baisse du prix du paddy ces derniers mois. Pour Haingotiana Andriamadison, la suspension temporaire des taxes ne vise cependant pas à favoriser les importateurs au détriment des agriculteurs. La réduction progressive de la dépendance de Madagascar aux importations de riz figure d’ailleurs parmi les orientations de la Politique générale de l’État. En parallèle, des mesures de soutien aux producteurs ont déjà été engagées.
La ministre cite notamment l’intervention du State Procurement of Madagascar (SPM), chargé d’acheter directement du paddy auprès des producteurs à un prix qui ne leur soit pas défavorable. Une subvention accordée à cette entreprise doit lui permettre de poursuivre ses actions de régulation du marché et des prix du riz. Le gouvernement compte également sur le récent décret d’application de la loi sur la concurrence, publié la semaine dernière. Ce texte doit renforcer la surveillance des prix des produits et permettre de lutter contre les abus ainsi que les profits excessifs.




